Dans un rare moment de transparence au milieu d’une série de revendications triomphantes, la Force aérienne pakistanaise (PAF) a discrètement reconnu dans son dernier rapport de propagande qu’un de ses appareils de guerre électronique DA-20 — présenté comme un atout majeur dans le ciel sud-asiatique — n’a pas participé aux combats lors du conflit entre l’Inde et le Pakistan de mai 2025, baptisé « Opération Sindoor » par New Delhi.
Cette reconnaissance, glissée dans les détails d’un dossier de 50 pages intitulé « Victoire dans les cieux » publié par les Relations publiques interarmées (ISPR) le 15 septembre, remet en cause les affirmations précédentes d’Islamabad sur le déploiement de cet appareil d’origine française, équipé d’une suite de guerre électronique capable de brouiller les radars indiens et de protéger ses chasseurs. Les observateurs de la défense qualifient ce passage d’un « lapsus freudien » dans la guerre narrative pakistanaise, dévoilant les failles de son arsenal high-tech alors que l’Inde renforce son avance technologique nationale.
Le DA-20, un Dassault Falcon 20 adapté avec des équipements de guerre électronique d’origine israélienne, est depuis longtemps la carte maîtresse électronique de la PAF. Acquis au début des années 2010 et modernisé avec de l’avionique chinoise à partir de 2020, cet avion est conçu pour neutraliser les défenses aériennes ennemies, brouiller les radars et créer des « bulles électroniques » pour les missions de frappe — une fonction comparable au EA-18G Growler américain, mais à moindre coût. Lors des affrontements de Balakot en 2019, la PAF avait revendiqué qu’un DA-20 avait neutralisé des prototypes indiens du système S-400, affirmation ensuite remise en cause par des analyses indépendantes. En mai 2025, alors que l’Opération Sindoor était déclenchée en réaction à une attaque terroriste à Pahalgam ayant fait 26 victimes civiles, les médias pakistanais et les communicants officiels clamaient la supériorité du DA-20. « Nos guerriers de guerre électronique ont aveuglé les yeux de l’IAF », titrait le journal Dawn le 10 mai, citant des sources anonymes assurant que l’appareil patrouillait au-dessus du Pendjab pour contrer les tirs de BrahMos.
Cependant, les images satellites et les renseignements en source ouverte (OSINT) dressent un tableau différent. Les photos fournies par des opérateurs commerciaux comme Maxar montrent le hangar du DA-20 à la base aérienne de Bholari — un vaste site au sud près de Karachi — intact avant les frappes, mais criblé de cratères après le 8 mai. Un missile de croisière indien Nirbhay, lancé depuis un Tejas Mk1A, a percé un trou de 25 mètres de diamètre dans le toit renforcé, projetant des débris sur le tarmac. La première réaction de l’ISPR fut une affirmation catégorique minimisant les dégâts et assurant la poursuite des opérations, accompagnée de photos floues des installations réputées « réparées ». Pourtant, le rapport final explique : « En raison de contraintes logistiques imprévues sur les bases avancées, les plateformes DA-20 ont été tenues en réserve et n’ont pas participé aux missions de suppression initiales », précisant en note une « redéploiement stratégique ».
Des sources proches du dossier interrogées par des analystes spécialisés indiquent que la réalité est plus sombre : la frappe sur Bholari a coûté la vie à cinq militaires de la PAF, dont un commandant d’escadron en charge des opérations de guerre électronique, et a gravement endommagé la baie avionique du hangar. Avec seulement trois DA-20 en dotation — deux opérationnels au mieux — cette perte a rendu la flotte incapable de soutenir les quatre jours intenses de frappes combinant drones et missiles. « Ils ne pouvaient pas prendre le risque que leurs seuls appareils de guerre électronique soient détruits par les S-400 », a commenté un expert indien de la défense sur la plateforme X, confirmant les investigations OSINT qui n’ont détecté aucune signature DA-20 via les transpondeurs ADS-B ou les interceptions ELINT.
L’aveu de l’ISPR colle aux constatations post-conflit. Des autorités américaines, informées des interceptions ELINT réalisées depuis la base de Diego Garcia, ont indiqué à Reuters de façon off-record qu’aucune émission de brouillage anormale caractéristique des opérations DA-20 n’a été détectée le long de la ligne de contrôle (LoC). Le Pakistan a donc principalement compté sur des brouilleurs au sol basés dans des installations comme Sargodha, rapidement neutralisés par les frappes BrahMos indiennes.
Ce fiasco autour du DA-20 souligne des vulnérabilités structurelles. Pékin, qui avait financé les mises à niveau électroniques par le biais du transfert de technologies du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), espérait une validation opérationnelle, à l’image de ses satellites Yaogan dont la traque des systèmes S-400 indiens a échoué face à la supériorité spatiale indienne. À la place, cet appareil cloué au sol met en lumière la dépendance excessive de la PAF à un nombre limité d’actifs hautement stratégiques : 11 avions de veille aérienne et de contrôle (AEW&C) contre une flotte Netra indienne en expansion, et une guerre électronique concentrée sur seulement trois Falcons vieillissants. Après l’Opération Sindoor, la force aérienne pakistanaise comptait 22 escadrons au lieu de 25 selon Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), tandis que l’Inde augmente la production de son Tejas à 16 unités par an.