Article de 376 mots ⏱️ 2 min de lecture

La décision du gouvernement américain de supprimer l’exemption de sanctions accordée en 2018 concernant le port stratégique iranien de Chabahar aura des répercussions pour l’Inde, engagée dans le développement d’un terminal dans ce port.

Le Département d’État américain a déclaré que, conformément à la politique dite de « pression maximale » du président Trump visant à isoler le régime iranien, l’exemption de sanctions prise en 2018 dans le cadre de l’Iran Freedom and Counter-Proliferation Act (IFCA), concernant l’aide à la reconstruction de l’Afghanistan et le développement économique, est révoquée à compter du 29 septembre 2025.

« Une fois la révocation effective, les personnes opérant le port de Chabahar ou participant à d’autres activités définies par l’IFCA s’exposeront à des sanctions prévues par cette loi, » indique le communiqué.

L’Inde sera directement affectée par cette décision, puisqu’elle est impliquée dans le développement d’un terminal au port de Chabahar, situé dans le Golfe d’Oman. Le 13 mai 2024, New Delhi a signé un contrat de gestion pour dix ans de ce port, dans l’objectif d’élargir ses échanges commerciaux avec l’Asie centrale.

Il s’agit de la première prise en main par l’Inde de la gestion d’un port à l’étranger. Le projet de développement de Chabahar avait été initié dès 2003 pour offrir aux produits indiens un accès direct à l’Afghanistan enclavé et à l’Asie centrale via un corridor routier et ferroviaire baptisé International North-South Transport Corridor, contournant ainsi le Pakistan. Les sanctions américaines contre l’Iran, notamment liées à son programme nucléaire présumé, avaient freiné l’évolution du port.

Le nouvel accord à long terme a été signé entre Indian Ports Global Limited (IPGL) et l’Organisation iranienne des Ports et des Affaires Maritimes. Il remplace le pacte initial de 2016, qui concernait les opérations indiennes sur le terminal Shahid Beheshti du port de Chabahar et qui avait été renouvelé chaque année.

En 2023, l’Inde a utilisé le port de Chabahar pour acheminer 20 000 tonnes de blé en aide à l’Afghanistan. En 2021, ce même port avait servi à fournir des pesticides écologiques à l’Iran.