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Le général Anil Chauhan, chef d’état-major des armées (CDS) indiennes, a apporté des éclaircissements sur le lancement de l’Opération Sindoor, menée entre 1h et 1h30 du matin. Cette opération marque selon lui une évolution majeure dans la conduite des conflits, intégrant plusieurs domaines de combat simultanément. Le choix de cette plage horaire vise notamment à limiter les victimes civiles.

Lors d’une intervention avec des élèves à Raj Bhavan, Ranchi, le général Chauhan a expliqué que l’Opération Sindoor représentait « un nouveau type de guerre ». Contrairement aux conflits traditionnels centrés sur le contrôle territorial ou la destruction d’équipements ennemis, cette opération s’est déroulée simultanément sur plusieurs fronts : terre, air, mer mais aussi dans les domaines électromagnétiques et cyber, où l’ennemi n’était identifié qu’à travers des images satellitaires, de l’imagerie électronique ou du renseignement d’origine électromagnétique (SIGINT).

Le choix d’intervenir entre 1h et 1h30 du matin le 7 mai sur neuf cibles terroristes précises avait pour objectif principal d’éviter des pertes civiles, a-t-il précisé. Le général a souligné qu’en dépit de la faible luminosité nocturne compliquant la collecte d’éléments de preuve, la confiance dans les capacités de reconnaissance par satellite a permis la planification et l’exécution de frappes précises à longue distance.

« Nous avons opté pour cette heure plutôt que celle à l’aube (5h30-6h) qui correspond au premier appel à la prière (Azan ou Namaz) et aurait causé davantage de pertes civiles », a-t-il expliqué. Le choix a également été dicté par des conditions météorologiques favorables, sans prévision de pluie cette nuit-là, élément déterminant pour lancer l’opération.

Contrairement aux idées reçues selon lesquelles seules l’armée de terre et l’armée de l’air auraient été impliquées – sept cibles pour l’armée de terre, deux pour l’aviation –, le général a précisé que la marine indienne avait aussi participé aux frappes. Celle-ci a déployé ses S-400 et S-120 ainsi que des commandos en Jammu-et-Cachemire, au Pendjab et dans la mer d’Arabie.

Une nouvelle dimension a été apportée par l’intégration de drones, « une capacité acquise récemment et permettant un élément de surprise ». Le général Chauhan a également insisté sur l’évolution du concept de victoire militaire, désormais moins liée à l’occupation territoriale ou au nombre de pertes infligées à l’ennemi, mais à la qualité et à la sophistication des frappes ainsi qu’à la domination sur plusieurs domaines.

La guerre moderne, a-t-il affirmé, ne se limite plus aux seuls espaces terrestres, aériens ou maritimes, mais s’étend désormais au spatial, au cyberespace, au spectre électromagnétique et même au domaine cognitif. Les opérations récentes ont montré que l’Inde pouvait frapper en profondeur grâce à des armes de précision pilotées par imagerie satellitaire et renseignement électronique, souvent sans contact visuel direct avec l’ennemi.

Le général a donné l’exemple d’une frappe sur le village de Sarjal, dans le Pendjab pakistanais. Bien qu’en apparence anodin, cet ancien centre de santé primaire constituait une base clé pour des infiltrations terroristes répétées. La frappe de précision a neutralisé ce maillon essentiel, illustrant l’efficacité d’une approche axée sur la technologie.

Cette nouvelle approche nécessite de repenser les critères de succès au combat, désormais mesurés par la dissuasion stratégique, la sophistication opérationnelle et la maîtrise de l’information plutôt que par les gains territoriaux ou le bilan humain.

Le général a conclu en soulignant que chacune des trois armées indiennes tirait actuellement les leçons de l’Opération Sindoor pour améliorer leur préparation et leur coordination. « Nos forces évoluent avec les conflits modernes et façonnent activement le futur du champ de bataille. La victoire repose aujourd’hui aussi sur la capacité à maintenir une supériorité sur tous les fronts », a-t-il déclaré.

Enfin, il a évoqué un aspect valorisant de l’armée indienne, « la ‘fauj’ est le seul endroit où il n’y a pas de népotisme. Le mérite est reconnu et récompensé ». Il a encouragé les jeunes présents à envisager une carrière dans les forces armées comme un moyen de servir leur pays, tout en découvrant l’Inde et le monde.

Le chef d’état-major des armées a également rappelé les efforts considérables déployés cette année par les forces armées pour secourir les populations touchées par de nombreuses catastrophes naturelles.