Le président américain Donald Trump a appelé le Premier ministre indien Narendra Modi pour lui adresser ses vœux à l’occasion de ses 75 ans, marquant ainsi un nouvel épisode de cordialité entre les deux dirigeants. Un ancien haut fonctionnaire indien, évoquant cet échange, espère que cette dynamique positive dans les relations bilatérales ne sera pas remise en cause.
Jayant Krishna, ancien directeur général de la National Skill Development Corporation (NSDC) et actuellement Senior Fellow au Centre for Strategic and International Studies (CSIS), a salué les propos élogieux de Donald Trump à l’égard de Narendra Modi. Il a indiqué que ce geste témoigne d’une bonne santé des relations entre l’Inde et les États-Unis et a invité à faire progresser les négociations commerciales vers un accord mutuellement avantageux.
Dans leur premier échange téléphonique depuis plusieurs mois, le président Trump a félicité Narendra Modi pour son anniversaire, lui exprimant également son soutien concernant les efforts pour une résolution pacifique du conflit en Ukraine. En réponse, le Premier ministre indien a remercié son homologue américain sur le réseau social X, qualifiant Trump de « mon ami » et soulignant son engagement commun à renforcer le partenariat stratégique global entre les deux pays.
Donald Trump a, quant à lui, qualifié cette conversation de « merveilleuse » dans un message publié sur Truth Social, affirmant que Modi accomplit un travail « remarquable » et remerciant l’Inde pour son soutien dans les efforts visant à mettre fin au conflit russo-ukrainien.
Cette prise de contact s’inscrit dans un contexte de reprise des pourparlers commerciaux, dont la dernière session a réuni l’envoyé spécial américain pour le commerce en Asie du Sud et centrale, Brendan Lynch, et le négociateur en chef indien Rajesh Agrawal à New Delhi. Les deux parties ont qualifié ces discussions de « positives ».
Jayant Krishna a salué ces échanges comme un exercice de « bilan » constructif, ouvrant la voie à une sixième session de négociations qui devrait survenir après un hiatus d’environ deux mois. Il exprime l’espoir d’un accélération des négociations afin de parvenir à un accord d’ici deux mois.
Krishna a également félicité la gestion par New Delhi des récentes tensions avec Washington, soulignant que l’Inde a su faire preuve de maturité et de responsabilité en évitant les représailles, conformément à une approche pragmatique qui privilégie le dialogue et la distinction entre les personnes et les différends.
Il rappelle que l’Inde est restée mesurée face aux critiques véhiculées par des responsables américains tels que Peter Navarro et Howard Lutnick, adoptant une posture de négociation réfléchie.
Concernant les négociations en cours, Krishna ne prévoit pas de changements majeurs dans la posture indienne, mis à part une certaine flexibilité possible sur les produits agricoles et laitiers via une révision tarifaire. Il insiste toutefois sur le fait que l’Inde dispose d’une marge de manœuvre limitée sur ces secteurs.
Par ailleurs, sur la récente décision américaine d’imposer des droits de douane supplémentaires de 25 % à l’Inde en raison de ses achats de pétrole russe, Krishna considère que Washington pourrait utiliser cette mesure comme un levier pour obtenir de plus grands avantages commerciaux, tout en appelant New Delhi à adopter une approche pragmatique.
Il conclut en soulignant que la réduction des barrières tarifaires est une évolution inévitable et qu’il est essentiel que l’Inde exploite ces circonstances pour faire avancer les négociations. Selon lui, un accord gagnant-gagnant repose toujours sur un équilibre entre fermeté et concessions, permettant une collaboration durable dans les échanges commerciaux entre les deux puissances.