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L’armée indienne et l’Indian Air Force (IAF) travaillent conjointement au développement d’un missile air-sol avancé, destiné à équiper des plateformes à longue endurance en haute altitude (HALE), moyenne altitude (MALE) ainsi que des véhicules aériens de combat sans pilote (UCAV). Ce projet, inscrit dans la vision Atmanirbhar Bharat, vise la création d’un missile léger pesant entre 10 et 15 kg, doté d’une ogive de 1 à 2 kg et d’une longueur comprise entre 1,5 et 2 mètres.

Ce missile est conçu pour neutraliser une large gamme de cibles, notamment des véhicules blindés de classe « A » (capables de pénétrer un blindage homogène roulé jusqu’à 700 mm), des radars, des cibles non protégées, des troupes, des bunkers, des dépôts de munition, des positions d’artillerie ainsi que des nœuds logistiques et de communications.

Un missile polyvalent et performant

Les caractéristiques de ce missile air-sol répondent à un spectre opérationnel étendu :

  • Ogives variées : Il sera équipé d’une ogive multifonction en tandem et d’un pénétrateur cinétique dur en tête, lui permettant de détruire à la fois des cibles fortifiées comme les bunkers (avec pénétration jusqu’à 700 mm RHA) et des cibles moins protégées telles que des concentrations de troupes ou des infrastructures de communication.
  • Portée : Sa portée balistique standard est de 12 km, extensible jusqu’à 20 km grâce à un kit d’extension de portée (Range Extension Kit, REK), offrant ainsi la capacité d’engagement à la fois à moyenne et grande distance.
  • Précision : Le système garantit une haute précision avec une marge d’erreur inférieure à 0,5 mètre sur des cibles statiques et inférieure à 1 mètre sur des cibles mobiles, grâce à une combinaison de navigation inertielle/GPS intégrant une puce SAASM. Le guidage terminal est assuré par laser, infrarouge ou navigation inertielle/GPS.
  • Mode double chercheur : L’utilisation combinée de deux capteurs (par exemple laser et infrarouge) permet de cibler efficacement aussi bien des cibles statiques que des cibles mobiles dans des environnements dynamiques.
  • Opérations de jour comme de nuit : Conçu pour fonctionner quelles que soient les conditions météo, il supporte des missions 24 heures sur 24.
  • Angles d’impact programmables : L’opérateur peut choisir entre un angle d’attaque peu prononcé (~30°) pour des effets de zone ou un angle plus vertical (>60°) pour maximiser la pénétration, selon la nature de la cible.

Cette conception polyvalente fait de ce missile un armement rentable et efficace, parfaitement adapté aux drones HALE, MALE et UCAV comme le Heron MK2 ou le drone indigène TAPAS BH-201, augmentant significativement leur capacité de neutralisation des cibles prioritaires.

Le missile, compact et léger (10-15 kg pour 1,5-2 mètres de longueur), répond aux contraintes de charge utile des UAV tout en préservant leur endurance en vol. Sa capacité de pénétration équivalente à 700 mm de blindage de blindage homogène roulé rivalise avec des systèmes internationaux comme le Spike ER. Le kit d’extension de portée (REK), probablement constitué d’ailerons déployables ou d’un propulseur complémentaire, porte la portée à 20 km, en phase avec les récents progrès du DRDO dans les munitions guidées. Le module SAASM améliore la résistance du GPS aux brouillages, un atout majeur dans des zones contestées comme la Ligne de Contrôle Effectif (LAC).

Le mode double chercheur, combinant désignation laser et suivi infrarouge, permet d’engager avec précision aussi bien des véhicules blindés en mouvement que des installations fixes telles que des radars. La possibilité de programmer l’angle d’impact offre une souplesse tactique comparable à celle de missiles comme le Hellfire AGM-114, entre frappes de suppression de troupes et pénétration de fortifications.

Le développement de ce missile pose des défis techniques importants. Il faut concilier légèreté et puissance d’explosion (ogive de 1 à 2 kg) avec une résistance structurelle élevée, nécessitant l’emploi de matériaux composites avancés. Atteindre une précision inférieure à un mètre sur des cibles mobiles requiert des systèmes de navigation inertielle sophistiqués et un traitement en temps réel des signaux du chercheur, ce qui pourrait affecter les délais de développement de l’intelligence artificielle embarquée indigène.