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Thales a profité du salon Defence and Security Equipment International (DSEI) 2025, organisé à Londres, pour présenter sa vision des futures technologies de défense. L’entreprise a ainsi dévoilé plusieurs projets innovants dans les domaines de la cryptographie, du sonar, des plateformes autonomes et des communications tactiques, tous articulés autour des enjeux de souveraineté et d’autonomie.

Parmi les nouveautés majeures, le système de cryptographie DCM5 a retenu l’attention. Conçu comme une solution souveraine et résistante aux menaces quantiques, ce système assure la protection des réseaux gouvernementaux et des coalitions. Certifié aux normes britanniques CAPS High Grade et FIPS 140-3 Niveau 3, il est également rétrocompatible avec la série Datacryptor, déjà bien établie chez Thales.

Cette compatibilité offre aux utilisateurs la possibilité de moderniser leurs infrastructures sans nécessiter de remplacement complet, tout en bénéficiant d’une défense avancée contre les futures menaces liées à l’informatique quantique.

Dans le domaine naval, Thales a signé un protocole d’entente avec BAE Systems portant sur l’intégration des systèmes sonar dans le cadre du programme de sous-marins SSN-AUKUS. La société vise le rôle d’Autorité principale de conception et d’intégrateur pour le sonar, en s’appuyant sur le savoir-faire étendu du secteur britannique. Cette position centrale permettrait à Thales d’influer directement sur les systèmes acoustiques des nouvelles générations de sous-marins nucléaires d’attaque britanniques tout en maintenant ces compétences stratégiques au Royaume-Uni.

Les systèmes autonomes ont également occupé une place importante. Dans un nouveau partenariat avec Autonomous Devices, les charges utiles électroniques de guerre électronique de Thales seront intégrées sur des drones à longue endurance, destinés à des missions de détection et de brouillage. En milieu sous-marin, Thales et Huntington Ingalls Industries (HII) ont annoncé des essais combinant le sonar à synthèse d’ouverture SAMDIS 600 avec le véhicule sous-marin autonome REMUS 620, marquant une avancée vers l’automatisation des contre-mesures contre les mines.

Par ailleurs, Thales prévoit d’armer son système d’aéronef sans pilote Peregrine. Déjà utilisé pour la surveillance depuis le HMS Lancaster, le drone doit être équipé du missile polyvalent léger Martlet dès 2026, offrant à la Royal Navy une capacité compacte d’engagement armé contre les menaces à courte portée.

En termes d’exportation, Thales a confirmé une commande de plus de 100 radios HF XL par la Malaisie, premier client international pour ce système conçu pour des communications à longue portée, résistantes au brouillage dans des environnements exigeants.

Sur le terrain, l’entreprise a présenté pour la première fois en public son système Integrated Weapons Operation. Basé sur le cadre Agile C4I at the Edge, ce dispositif vise à relier capteurs et effecteurs dans ce que Thales qualifie de « toile numérique de ciblage », un concept qui reflète les ambitions britanniques en matière de puissance de feu distribuée et en réseau.

Dans l’ensemble, ces annonces démontrent la volonté de Thales de dépasser son rôle traditionnel de simple fournisseur. L’industriel se positionne désormais comme une autorité de conception des technologies nationales critiques, tout en adaptant ses systèmes pour le marché international.