L’Allemagne envisage de contracter officiellement l’achat de frégates auprès du chantier naval allemand TKMS pour pallier les retards prolongés du programme initial des frégates F126. Cette acquisition temporaire viserait à maintenir les capacités opérationnelles de la marine allemande.
Le projet porte sur l’acquisition d’au moins trois frégates de classe MEKO A-200, chacune évaluée à environ un milliard d’euros (1,1 milliard de dollars), selon des sources ayant informé Reuters. Le parlement allemand a déjà été informé d’un accord préliminaire, avec une livraison possible du premier navire à l’horizon 2029, suivie des unités restantes dans un délai inférieur à un an.
Un programme de frégates F126 retardé
En juin 2020, Berlin avait confié à Damen Naval la construction de quatre frégates F126, avec une commande supplémentaire de deux navires passée en juin 2024. Ces frégates, désignées MKS 180 (navires de combat polyvalents), devaient être équipées notamment de canons navals Rheinmetall et de radars Hensoldt.
Le programme F126 a cependant subi plusieurs retards importants, dus principalement à la complexité technique, aux ajustements des capacités requises, ainsi qu’à des difficultés industrielles et procédurales.
Le F126 représente un nouveau type de frégate combinant longue endurance globale, automatisation poussée, effectifs réduits et systèmes modulaires, ce qui augmente considérablement les risques liés à l’intégration des technologies.
La construction de la première frégate, baptisée Niedersachsen, a débuté en décembre 2023 avec la pose de la quille en juin 2024. La livraison est prévue initialement pour 2028, mais des reports supplémentaires sont possibles. Les autres navires concernés n’ont quant à eux pas encore commencé leur construction et devraient entrer en service dans la marine allemande au cours des années 2030.
Pour garantir la disponibilité opérationnelle à court terme, la commission budgétaire allemande a adopté en 2025 un financement de 7,8 milliards d’euros (9,1 milliards de dollars) destiné à une stratégie d’acquisition alternative.
La frégate MEKO A-200, une solution pragmatique
La classe MEKO A-200 semble avoir été retenue en raison de son design éprouvé et immédiatement disponible, permettant une livraison avant la mise en service des frégates F126, rapporte Naval News en septembre 2025.
Ce navire mesure 121 mètres de long pour 16,4 mètres de large et un tirant d’eau de 4,4 mètres, avec un déplacement en charge d’environ 3 950 tonnes.
Il est manœuvré par un équipage de base de 125 marins, avec une capacité d’accueil supplémentaire pouvant aller jusqu’à 49 personnes.
La frégate peut atteindre une vitesse supérieure à 29 nœuds (54 km/h) tout en conservant un fonctionnement discret sur le plan acoustique. En croisière à 16 nœuds (30 km/h), elle bénéficie d’une autonomie dépassant les 6 500 milles nautiques (12 040 km).
La MEKO A-200 est capable d’emporter deux modules de mission de la taille standard TEU, de faire opérer deux hélicoptères de 6 tonnes ou un hélicoptère unique de 11 tonnes accompagné de deux drones aériens, ainsi que de déployer deux semi-rigides de 8 mètres via des systèmes de lancement et récupération latéraux. Cette modularité lui permet de s’adapter aisément aux missions de combat, de patrouille ou de soutien.