Un commandant du groupe terroriste Jaish-e-Mohammad (JeM) a reconnu que la famille du chef Masood Azhar avait été « déchirée » lors des frappes de missiles indiennes menées le 7 mai sur le quartier général de l’organisation à Bahawalpur, au Pakistan.
Dans une vidéo virale publiée mardi sur une chaîne YouTube, le commandant Ilyas Kashmiri exprime sa colère face à cette attaque indienne qui a coûté la vie à plusieurs membres de la famille d’Azhar. Il revendique également son engagement dans des combats dans des pays voisins au nom du Pakistan.
Kashmiri s’exprime en ourdou lors de la conférence Mission Mustafa, tenue le 6 septembre dans la province du Pendjab au Pakistan. Entouré d’hommes armés, il déclare : « Pour protéger les frontières idéologiques et géographiques de ce pays, nous menons le jihad à Delhi, Kaboul et Kandahar. Et après avoir tout sacrifié, le 7 mai, les membres de la famille du Maulana Masood Azhar à Bahawalpur ont été déchiquetés (dans les frappes indiennes). »
Les tensions entre l’Inde et le Pakistan se sont intensifiées après qu’un groupe terroriste a tué 26 personnes, principalement des civils, à Pahalgam dans la région du Jammu-et-Cachemire, le 22 avril. En riposte, les forces armées indiennes ont mené le 7 mai une série de frappes de missiles sur plusieurs cibles terroristes, dont Bahawalpur, bastion du JeM, dans le cadre de l’opération Sindoor.
Un communiqué attribué à Masood Azhar indique que l’attaque indienne contre la mosquée Jamia Masjid Subhan Allah à Bahawalpur, située à environ 400 km de Lahore, a entraîné la mort de dix membres de sa famille ainsi que de quatre proches collaborateurs.
Parmi les victimes figuraient la sœur aînée d’Azhar et son mari, un neveu et sa femme, une autre nièce, ainsi que cinq enfants de sa famille élargie.
Le communiqué mentionne également le décès de la mère d’un de ses proches collaborateurs ainsi que de deux autres compagnons proches.
Les funérailles des victimes des frappes indiennes ont été suivies par des généraux de l’armée pakistanaise, des hauts responsables de la police et des cadres gouvernementaux de haut rang.
Après la libération de Masood Azhar en échange des passagers du vol IC-814 détourné en 1999, Bahawalpur est devenu le centre névralgique du JeM.
En mai 2019, les Nations unies ont classé Masood Azhar comme « terroriste mondial » après que la Chine ait levé son veto sur la proposition d’inscrire le chef du JeM sur la liste noire, une démarche initiée par New Delhi une décennie plus tôt.
Depuis avril 2019, Azhar est invisible en public. On croit qu’il se cache dans un « lieu sûr » à Bahawalpur.
Le groupe Jaish-e-Mohammad est responsable de plusieurs attaques terroristes majeures en Inde, notamment l’attaque du Parlement en 2001, l’assaut contre l’assemblée du Jammu-et-Cachemire en 2000, l’attaque de la base de l’Armée de l’air à Pathankot en 2016 et l’attentat-suicide de Pulwama en 2019.