Le président pakistanais Asif Ali Zardari a bénéficié d’une visite exceptionnelle dans un complexe militaire secret en Chine, devenant ainsi le premier chef d’État étranger à parcourir cette vaste installation, où il a évoqué le renforcement de la production conjointe en matière de défense.
En tant que chef constitutionnel des forces armées pakistanaises, Zardari s’est rendu dimanche au sein de l’Aviation Industry Corporation of China (AVIC), où il a reçu un briefing spécial sur les équipements militaires les plus avancés, notamment les nouveaux avions de combat, selon les médias pakistanais. Son bureau à Islamabad a précisé qu’il a été informé des capacités technologiques d’AVIC, en particulier du chasseur J-10, de la coproduction du JF-17 Thunder avec le Pakistan, ainsi que des progrès réalisés sur le chasseur furtif de 5e génération J-20.
Dans le cadre de sa visite, qui dure dix jours, Zardari a également été informé sur les véhicules aériens sans pilote (UAV), des unités entièrement automatisées et les systèmes intégrés de commandement et de contrôle adaptés aux opérations modernes multidomaines. Le ministère chinois des Affaires étrangères a toutefois minimisé, le lundi, l’importance de cette visite d’AVIC et de l’appel lancé par Zardari à une coopération plus étroite en matière de production de défense. Le ministère a plutôt souligné son soutien à l’Initiative de sécurité globale (Global Security Initiative, GSI), un dispositif de sécurité chinois présenté comme un contrepoids à la domination américaine.
« La Chine défend la vision d’une sécurité commune, globale, coopérative et durable. Nous sommes prêts à travailler avec toutes les parties pour mettre en œuvre cette Initiative de sécurité globale et renforcer la coopération internationale en matière de sécurité », a déclaré le porte-parole Lin Jian lors d’un point presse.
La visite de Zardari à AVIC, ainsi que le récent déplacement à Pékin du chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, sont largement perçus comme une démarche visant à reconstituer les stocks militaires affectés lors de l’Opération Sindoor. L’Inde a lancé cette opération le 7 mai pour frapper les infrastructures terroristes au Pakistan et dans la partie du Cachemire contrôlée par Islamabad, en réponse à l’attaque de Pahalgam qui a fait 26 morts civils. Le 10 mai, les deux pays sont parvenus à un accord mettant fin à quatre jours d’intenses frappes transfrontalières de drones et missiles.
Selon un rapport récent de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la Chine fournit plus de 81 % du matériel militaire pakistanais utilisé par l’armée pakistanaise face à l’Inde lors de ce conflit.
Lors de sa visite chez AVIC à Pékin, Zardari était accompagné de Bilawal Bhutto-Zardari, président du Parti du Peuple pakistanais (PPP), ainsi que de la Première Dame Aseefa Bhutto-Zardari. Cette visite, débutée le 12 septembre, suit de près les déplacements du Premier ministre Shehbaz Sharif et du général Munir en Chine. Ce dernier, ainsi que Sharif, ont participé au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tianjin du 31 août au 1er septembre, avant de rencontrer le président chinois Xi Jinping pour discuter des liens bilatéraux d’« amitié toute saison ». Ils ont ensuite assisté au défilé militaire de l’Armée populaire de libération, marquant le 80e anniversaire de la victoire chinoise sur le Japon durant la Seconde Guerre mondiale.
Cette série de visites officielles fait écho au passage à Islamabad du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, du 20 au 22 août, pour la sixième édition du dialogue stratégique sino-pakistanais.