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La sécurité le long de la frontière indo-pakistanaise est au plus haut niveau après l’attaque de Pahalgam, qui a coûté la vie à 26 innocents. Cette vigilance a été renforcée suite à l’opération Sindoor menée par l’Inde en représailles. Ce resserrement des mesures rend quasiment impossible l’infiltration de terroristes venant du Pakistan. De plus, ces derniers peinent désormais à faire passer des armes et des munitions destinées aux groupes opérant au Jammu-et-Cachemire.

Face à cette situation, le service de renseignement pakistanais ISI a activé ses cellules dormantes en Inde, les incitant à opérer depuis des zones isolées pour fabriquer armes et explosifs. Cette stratégie rappelle celle du module de Burdwan, démantelé en 2014 par les autorités indiennes dans l’État du Bengale occidental.

L’ISI prévoit de multiplier ce type de modules clandestins à travers l’Inde, estimant que cela faciliterait une livraison rapide et sécurisée des armements pour ses agents en Jammu-et-Cachemire et ailleurs.

Des interceptions réalisées par le Bureau du renseignement (Intelligence Bureau) confirment la planification de petites unités de fabrication d’armes et de munitions sur le territoire national. Les agences centrales ont recommandé aux polices des États de renforcer leur coopération avec elles, afin de détecter et démanteler ces cellules. En cas de défaillance, ces unités disséminées pourraient produire un volume important d’armes illégales.

L’objectif principal de l’ISI est de contourner le blocus sécuritaire à la Ligne de Contrôle (LoC), devenu infranchissable à cause du renforcement des contrôles. En premier lieu, l’ISI utilisait la frontière du Pendjab pour acheminer drogues, armes et munitions. Blocage des routes manuelles oblige, le recours aux drones a permis la livraison clandestine dans la région, puis les cargaisons étaient acheminées au Jammu-et-Cachemire. Ces armes visaient aussi à armer les terroristes séparatistes khalistanis basés au Pendjab.

Cependant, grâce au développement technologique et à la vigilance des agences indiennes, ce mode opératoire a été en grande partie éradiqué.

Face à ces difficultés, l’ISI a donc décidé de mettre en place de petites unités de production d’armes. Le financement de ces structures s’effectuerait par des moyens clandestins, notamment via le circuit hawala, très utilisé par l’organisation pour transférer des fonds vers ses agents en Inde. La majeure partie de ces fonds provient de pays du Golfe.

Les autorités insistent sur l’importance cruciale d’identifier ces cellules, et rappellent que la coordination entre les forces locales et centrales est indispensable. Ces unités peuvent apparaître très rapidement, et il est essentiel de les neutraliser avant qu’elles ne démarrent la production.

La tâche sera d’autant plus ardue que les ateliers seront installés dans des zones reculées, à l’abri des regards et des contrôles, une tactique déjà utilisée avec succès dans le passé. Par exemple, les usines à bombes découvertes à Burdwan fonctionnaient comme des ateliers artisanaux, camouflées au sein d’ateliers de fabrication de pétards, ce qui avait jusqu’alors échappé à la police.

Après le démantèlement de ce réseau, les forces de l’ordre avaient découvert que des milliers de bombes y avaient été produites. Il s’est avéré que la Jamaat ul Mujahideen Bangladesh (JMB) en était responsable, sous l’impulsion du Jamaat-e-Islami, qui projetait une vague d’attentats pour déstabiliser le régime au Bangladesh.

Si le nouveau plan de l’ISI reprend le même modèle logistique et la discrétion, l’objectif s’étend aujourd’hui à la réalisation d’attentats en Inde, tout en assurant un approvisionnement efficace en armes et munitions pour les groupes armés opérant au Jammu-et-Cachemire.