L’Inde manifeste un intérêt croissant pour l’acquisition du chasseur furtif russe de cinquième génération Su-57E, avec des discussions qui vont au-delà d’un simple achat pour envisager une possible assemblée locale des appareils en Inde. Ce projet, s’il se concrétise, pourrait renforcer significativement les capacités de combat de l’Armée de l’air indienne (IAF) dans la prochaine décennie.
Au cœur des négociations, l’attention se porte naturellement sur le package d’armement proposé avec le Su-57E. Un élément clé pouvant influencer cet accord est la compatibilité de l’avion avec la dernière arme hypersonique russe, la version air-sol du missile 3M22 Zircon (désignation OTAN : SS-N-33).
Selon des sources officielles russes, le Su-57 a été configuré pour pouvoir transporter le missile Zircon, faisant de lui l’une des rares plateformes capables d’employer cette arme de pointe. Ce missile scramjet peut atteindre une vitesse de l’ordre de Mach 9, soit près de 9 600 km/h. Une telle vitesse rend son interception extrêmement difficile pour les systèmes de défense aérienne actuels, offrant une capacité de frappe décisive contre des cibles terrestres et navales.
Pour l’IAF, disposer d’un appareil pouvant embarquer des missiles hypersoniques représenterait non seulement un facteur de dissuasion sans précédent dans la région, mais aussi un contrepoids crédible face aux progrès chinois dans les frappes de précision à longue portée et les capacités aériennes.
Les discussions indiquent également que la Russie serait prête à autoriser un certain niveau d’assemblage local ou de production conjointe du Su-57E en Inde, ce qui s’inscrit dans la volonté de New Delhi d’accroître son autonomie en matière de production militaire. Cette approche rappellerait l’expérience indienne avec la production sous licence du Su-30MKI chez Hindustan Aeronautics Limited (HAL), mais avec une orientation renforcée vers le transfert technologique.
Cela offrirait à l’Inde la possibilité d’intégrer ses propres systèmes avioniques et d’armement, tout en assurant la maintenance et les mises à jour du chasseur sur son territoire, diminuant ainsi la dépendance à long terme vis-à-vis de fournisseurs étrangers.
Le Su-57E, doté de formes furtives, d’une capacité de supercroisière et d’avionique avancée, constitue déjà une solution de cinquième génération à un coût nettement inférieur à celui d’avions occidentaux comme le F-35. L’ajout des missiles Zircon dans l’arsenal transformera cependant cette acquisition en une plateforme de frappe inédite, à forte portée stratégique.
Le principal défi réside dans la gestion du coût, des délais de livraison et de l’intégration des systèmes indiens au sein de l’appareil. L’IAF devra évaluer ces aspects avec attention, notamment en parallèle du développement de son propre programme de chasseur avancé moyen (AMCA).
Si l’Inde confirme l’achat du Su-57E équipé de missiles hypersoniques Zircon, elle enverra un message fort dans l’équilibre des puissances en Indo-Pacifique. Cette démarche placerait le pays parmi les rares nations capables de déployer des systèmes de frappe aéroportés hypersoniques opérationnels, renforçant sa dissuasion face au Pakistan et à la Chine.
En l’état actuel, bien que l’accord en soit à un stade exploratoire, la combinaison du Su-57E avec le missile Zircon représente une des options les plus impressionnantes pour moderniser la flotte de chasse indienne et accroître sa supériorité technologique.