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Le Royaume-Uni s’apprête à déployer massivement des drones autonomes et des véhicules terrestres sans pilote d’ici cinq ans, annonce le ministre de la Défense Luke Pollard. Ces systèmes sans équipage deviendront une composante majeure des forces conventionnelles britanniques.

Dans une réponse écrite adressée au député libéral-démocrate Edward Morello, Luke Pollard a souligné les recommandations de la Revue stratégique de la Défense (SDR) 2025, qui prônent « un tournant vers une plus grande utilisation de l’autonomie et de l’intelligence artificielle au sein des forces conventionnelles du Royaume-Uni ».

La SDR établit une « base numérique commune intégrant données, intelligence artificielle (IA), environnements synthétiques et réseaux », conçue pour connecter les personnels et les plateformes à travers plusieurs domaines et avec les alliés. Selon le ministre, cette approche offrira à la Force intégrée « agilité, rapidité de manœuvre et capacités de ciblage efficaces permettant de surpasser les adversaires ».

Le gouvernement britannique étudie de près les enseignements du conflit en Ukraine, où les drones dotés d’IA ont révolutionné la connaissance du champ de bataille et les opérations de frappe. Pollard a indiqué que la capacité des drones à embarquer des capteurs couvrant tout le spectre électromagnétique a « supprimé de nombreuses barrières traditionnelles liées aux opérations de nuit ou en conditions de visibilité réduite ». Il a ajouté que l’IA permet aux drones de poursuivre la surveillance et le ciblage lorsque les équipes humaines sont au repos ou indisponibles, ce qui constitue désormais « un élément fondamental dans le développement des capacités de la Défense britannique ».

Au cours des cinq prochaines années, le Royaume-Uni prévoit de déployer en grand nombre des plateformes sans équipage, dans le cadre d’une combinaison « high-low » de capacités, intégrées en réseau avec des avions pilotés de cinquième et sixième génération. Leur conception sera adaptée à des environnements variés, que ce soit sous la mer, en mer, sur terre ou dans les airs.

Selon Pollard, cette structure de force « high-low » associera des systèmes habités avancés à de nombreux dispositifs autonomes afin d’élargir la couverture sur le terrain et d’accroître la résilience. « Les systèmes sans équipage et autonomes seront intégrés à la Force intégrée en grand nombre », a-t-il précisé, ajoutant que leur développement constituera une composante centrale des capacités futures.

Pour les forces terrestres, les véhicules terrestres sans pilote (UGV) sont appelés à prendre une part croissante dans les rôles de soutien au combat. Ces systèmes pourraient ainsi alléger la charge pesant sur les personnels, opérer dans des environnements dangereux et s’intégrer aux autres plateformes pour fournir données et effets.

Bien que certains projets soient déjà en cours, le ministre a indiqué que les détails ne pouvaient être divulgués tant que ces programmes resteront à l’état de concept. Il a néanmoins insisté sur le fait que la transition vers l’autonomie pilotée par l’IA n’est plus expérimentale, mais constitue désormais un axe majeur de la stratégie de développement des forces britanniques.