Lorsqu’il s’agit d’évoquer la capacité de frappe navale de l’Indian Air Force (IAF) durant la guerre froide et au début de l’après-guerre froide, le SEPECAT Jaguar IM occupe souvent le devant de la scène. Conçu spécialement pour les opérations de frappes maritimes, le Jaguar IM s’est distingué par son intégration avec le missile antinavire Sea Eagle, offrant ainsi à l’IAF une menace crédible contre les forces navales ennemies.
Cependant, les Jaguars n’étaient pas les seuls avions à être engagés dans le rôle de frappe navale à cette époque. Les MiG-23BN puis MiG-27ML, principalement reconnus pour leurs missions d’attaque au sol et d’interdiction, ont également été utilisés de manière limitée dans des missions de frappe maritime.
Introduit au début des années 1980, le MiG-23BN était destiné aux opérations d’attaque au sol avec une large palette d’armements air-sol. Dans sa version navale, il était initialement armé du missile Kh-29T (code OTAN : AS-14 Kedge), un missile à guidage TV capable de toucher des navires en mer. Cette capacité ajoutait à l’IAF une option supplémentaire pour frapper des cibles navales, venant ainsi compléter le Jaguar.
Néanmoins, l’emploi du MiG-23BN dans le rôle de frappe maritime fut relativement bref. Ses équipements avioniques et ses capacités de ciblage maritime restaient limités comparés au Jaguar IM spécialisé, et l’appui opérationnel s’est progressivement orienté vers ce dernier.
Avec l’arrivée du MiG-27ML, une version améliorée dotée d’avionique renforcée et d’une plus grande capacité d’emport, l’IAF a poursuivi l’expérimentation du rôle anti-navire. Bien que cette version ne fût jamais équipée d’un missile antinavire dédié comme le Jaguar IM, le MiG-27ML pouvait pourtant délivrer bombes non guidées et roquettes contre des cibles de surface, y compris les navires. Cette mission restait toutefois secondaire, davantage envisagée comme une solution de contingence que comme une tâche principale.
Alors que les Jaguars demeuraient la plate-forme principale de frappe navale de l’IAF, dotée d’un escadron spécialisé en frappes maritimes, les MiG-23BN et MiG-27ML assuraient une flexibilité opérationnelle supplémentaire. Leur présence garantissait que l’IAF pouvait déployer une force de frappe sur les milieux maritimes, même en cas de disponibilité restreinte des Jaguars ou face à la multiplication des menaces.
Aujourd’hui, avec la retraite du MiG-23BN et du MiG-27ML, leur rôle limité dans la frappe navale est souvent passé sous silence. Pourtant, ce chapitre témoigne d’une facette intéressante de la doctrine aérienne indienne, où adaptabilité et polyvalence permettaient de mobiliser plusieurs plateformes contre les menaces maritimes adverses.