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Le dernier rapport de l’Inspecteur général du Département de la Défense met en lumière des défaillances récurrentes dans la maintenance des logements familiaux militaires, exposant potentiellement ces familles à des risques sanitaires et sécuritaires importants. Ces manquements résultent notamment d’un suivi insuffisant des opérations de maintenance réalisées par des opérateurs privés.

Intitulé « Audit de la supervision par les services militaires de la maintenance des logements familiaux privatisés », ce rapport a examiné la gestion privée par un des principaux opérateurs des logements militaires, Hunt Military Communities (Hunt), en charge d’environ 52 000 logements sur plusieurs bases américaines, accueillant plus de 165 000 personnes. L’étude s’est concentrée sur sept installations majeures où Hunt intervient : Redstone Arsenal et Fort Sam Houston (Armée de terre), les bases aériennes de Moody et Randolph (Armée de l’air), la base des Marines à Hawaii, ainsi que la Naval Air Station et la Joint Base Pearl Harbor-Hickam (Marine et Navy).

L’Inspecteur général a constaté que les bureaux militaires en charge du logement familial, désignés sous l’acronyme MHO (Military Housing Office), ont failli à leurs obligations. Aucun des 14 contrôles de maintenance lors des changements d’occupants observés n’a été mené à terme selon les critères établis, et les exigences de supervision n’ont pas été respectées. Cette lacune tient en partie à un déficit de directives claires envers l’opérateur privé et à une absence de formalisation des revues des ordres de travail. Par ailleurs, le départ de certains personnels a entraîné des pertes documentaires, aggravant le suivi et la traçabilité des interventions. Certains services militaires ne conservent même pas l’ensemble des documents requis.

Les insuffisances relevées touchent à des points cruciaux de la sécurité domestique : absence de vérification des risques électriques sur les machines à laver, contrôle déficient des détecteurs de monoxyde de carbone, inspections imprécises concernant la présence de moisissures et fenêtres scellées en raison de risques liés à la peinture au plomb. Au Fort Sam Houston, la situation est particulièrement préoccupante puisque seulement deux agents du MHO sont chargés du suivi de 925 logements, et le manque de matériel adapté pour réaliser ces inspections a également été signalé.

En outre, le rapport met en avant une surveillance insuffisante des mécanismes d’incitations financières destinées à récompenser les opérateurs privés pour des « performances exceptionnelles ». Une analyse a révélé qu’à Fort Sam Houston, le MHO a versé plus de 11 000 dollars en trop, faisant peser un risque de mauvaise gestion pouvant atteindre 1,4 million de dollars pour la durée restante du contrat avec Hunt.

Face à ces constats, l’Inspecteur général du Département de la Défense a formulé 19 recommandations. Celles-ci incluent notamment la mise en place de plans et de contrôles internes renforcés par les services concernés pour une meilleure supervision des sociétés de logements privatisés. Il est aussi préconisé d’harmoniser les définitions relatives aux risques de vie, santé et sécurité, ainsi que les catégories d’ordres de travail classés en urgence, prioritaire ou courant, et d’instaurer des délais uniformes pour leur prise en charge et leur clôture.

Les autorités militaires concernées se sont engagées à appliquer 17 de ces mesures, tandis que deux recommandations demeurent non résolues. L’Inspecteur général a accordé un délai de 30 jours aux responsables pour soumettre leurs plans d’action visant à régler ces dysfonctionnements.