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J.D. Patil, vice-président exécutif senior de L&T pour le secteur Défense, a révélé dans une récente interview que le programme indien de sous-marin Projet-76 bénéficiera d’un tarif très compétitif, bien inférieur à celui des sous-marins comparables sur le marché mondial. Ce projet ambitieux s’inscrit dans la stratégie indienne de souveraineté industrielle défensive, portée par les initiatives « Make in India » et « Atmanirbhar Bharat ».

Le Projet-76 vise à développer une nouvelle classe de sous-marins de 2 500 tonnes, conçus en collaboration étroite avec la Marine indienne. J.D. Patil a insisté sur le fait que le partenariat entre L&T et la Directorate of Naval Design (SDG), reposant sur la conception indigène du sous-marin midget SOV-500, assurera un produit à la fois performant et économiquement accessible.

Les sous-marins de classe Kalvari, issus du Projet-75 et construits par Mazagon Dock Shipbuilders Limited (MDL) avec la technologie française, ainsi que les U-214 proposés par Thyssenkrupp Marine Systems, constituent aujourd’hui les références mondiales en matière de sous-marins conventionnels. Leur coût élevé est lié à des technologies avancées telles que la propulsion indépendante de l’air (AIP), la furtivité et une panoplie d’armes sophistiquées. La confiance de Patil dans la capacité de L&T à livrer les sous-marins du Projet-76 à un prix réduit s’appuie sur un fort taux d’intégration locale, une conception optimisée et les économies d’échelle offertes par le chantier naval ultramoderne de Kattupalli, dans le Tamil Nadu.

Cette compétitivité tarifaire pourrait positionner l’Inde comme un acteur majeur sur le marché mondial des exportations de sous-marins. Les pays d’Asie du Sud-Est, d’Afrique et d’Amérique latine, à la recherche de plateformes navales abordables et performantes, représentent des débouchés potentiels pour ces sous-marins indiens. Selon Patil, les sous-marins du Projet-76 pourraient rivaliser avec les offres des exportateurs traditionnels tels que la France, l’Allemagne et la Russie, qui dominent actuellement un marché évalué à 20 milliards de dollars. Avec déjà plus de 21 000 crores de roupies (environ 2,5 milliards d’euros) de matériel de défense exportés chaque année en 2024, une offre compétitive dans ce segment stratégique pourrait significativement renforcer la part de l’Inde dans ce secteur à forte valeur ajoutée.

Au-delà de l’export, l’attrait économique du Projet-76 pourrait aussi relancer la modernisation de la Marine indienne. Celle-ci dispose actuellement d’une flotte limitée d’environ 16 sous-marins conventionnels, dont beaucoup approchent de la fin de vie opérationnelle. Face aux retards du Projet-75I, le facteur prix pourrait permettre une expansion plus rapide de la flotte nationale. Cette évolution est cruciale pour contrecarrer la montée en puissance sous-marine chinoise, forte d’une flotte dépassant les 70 unités, ainsi que l’acquisition par le Pakistan de huit sous-marins chinois de classe Hangor.