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Un bombardier B-2 Spirit de l’US Air Force a récemment réalisé un exercice dans l’Arctique pour tester une bombe capable de neutraliser des navires ennemis. Cette opération s’est déroulée début septembre en Norvège, en coopération avec l’aviation norvégienne, et a permis de détruire une cible flottante grâce à la munition dite « Quicksink ».

Contrairement aux largages de bombes de forteresse utilisées par le B-2 contre des installations iraniennes cet été, cette expérimentation a fait appel à une bombe guidée GBU-31 JDAM (Joint Direct Attack Munition) d’environ 900 kg. Il s’agit du troisième test de la Quicksink, une version adaptée du JDAM conçue pour couler un navire ennemi en une seule frappe. Le test du 3 septembre n’a été révélé que plusieurs jours après, bien que des observateurs aient repéré un B-2 en route vers la Norvège à cette période.

Le bombardier engagé, appartenant au 72e Escadron d’essai et d’évaluation rattaché au 53e Aile, a opéré en coordination avec quatre F-35 Lightning II de la Royal Norwegian Air Force ainsi qu’un P-8 Poseidon. La munition a été larguée sur un « navire de surface » situé près d’Andøya, entraînant le naufrage de la cible, selon les annonces militaires américaines.

Initialement, la munition Quicksink pèse environ 900 kg, mais l’US Air Force a dévoilé en début d’année une variante allégée à 225 kg, destinée à multiplier les options d’attaque maritime. Le laboratoire de recherche de l’Air Force (Air Force Research Lab), qui a développé cette arme, la présente comme une solution « économique » pour éliminer rapidement des bâtiments adverses. Cependant, l’utilisation d’un B-2 dans ce test illustre que l’outil peut aussi être mis en œuvre dans des opérations plus coûteuses. Les États-Unis possèdent 19 B-2 Spirit, tous stationnés à la base aérienne de Whiteman dans le Missouri.

« Quicksink offre une solution abordable et révolutionnaire pour couler efficacement des cibles maritimes rapidement », a déclaré le colonel Dan Lehoski, commandant du 53e Aile, lors d’un communiqué en juin. « La version 225 kg développée par l’AFRL offre davantage de flexibilité aux forces armées et augmente les capacités opérationnelles. »

L’Air Force a déjà employé la bombe Quicksink lors de plusieurs exercices d’envergure. En 2022, lors du vaste exercice naval Rim of the Pacific, une bombe Quicksink a fracassé un cargo en deux, l’envoyant par le fond presque instantanément. Deux ans plus tard, la version lourde de 900 kg a de nouveau été testée depuis un B-2, confirmant la montée en puissance de cette munition anti-navire.

Le déploiement récent du B-2 en Norvège intervient après une année particulièrement active pour le 53e Aile basé à Whiteman. En octobre dernier, des bombardiers avaient frappé des cibles Houthis au Yémen, déployés depuis la base militaire de Diego Garcia dans l’océan Indien. En juin, ils ont participé à l’Operation Midnight Hammer contre des objectifs en Iran. Le mois dernier, deux B-2 ont été envoyés en Alaska pour l’exercice militaire Northern Edge 2025, l’un d’eux ayant survolé le président russe Vladimir Poutine à son arrivée à la base conjointe d’Elmendorf-Richardson, en marge d’un sommet avec le président américain Donald Trump.