Le secrétaire à la Défense indien, Rajesh Kumar Singh, a souligné vendredi l’impératif d’augmenter les investissements dans la recherche et développement (R&D), pointant l’opération Sindoor comme un révélateur des besoins réels et des axes d’amélioration pour les forces armées face aux exigences changeantes de la guerre nucléaire.
Lors du séminaire Defence Tech 2025 – STRIDE (Synergy of Technology, Research, Industry & Defence Ecosystem) organisé au RSAMI de Pune, M. Singh a indiqué que seulement 0,66 % du PIB est actuellement consacré à la R&D en Inde, dont près des deux tiers déployés par le secteur public, notamment à travers l’Organisation de Recherche et de Développement pour la Défense (DRDO).
« Nous ne pouvons progresser dans le secteur de la défense sans intensifier la R&D. Il est essentiel de faire évoluer la situation actuelle, car la contribution du secteur privé dans ce domaine demeure presque nulle », a-t-il insisté. Le gouvernement a ainsi pris la décision de partager 25 % du Fonds de Développement Technologique (Technology Development Fund, TDF) de la DRDO avec le secteur privé. Par ailleurs, un fonds de recherche d’un montant de 1 000 milliards de roupies (environ 12 milliards d’euros) a été créé sous l’égide du ministère des Sciences et Technologies.
« Au cours des trois dernières années, près de 1,5 milliard de roupies ont été attribuées à des start-ups et des entreprises privées via le TDF », a précisé M. Singh.
Concernant les efforts d’autonomie dans la fabrication d’équipements de défense, il a souligné : « À l’échelle nationale, nous avons déjà décidé d’allouer au minimum 75 % de nos dépenses de défense à des programmes locaux. L’an dernier, nous avons en réalité atteint un taux de 81 % de dépenses intégralement nationales ».
Il ne préconise toutefois pas d’augmentation du budget de la défense pour l’instant, évoquant la nécessité d’optimiser d’abord l’usage des fonds existants. « Ce besoin pourrait survenir seulement lorsque nous aurons pleinement exploité le budget actuel. Il n’y a pas de contraintes financières majeures, le ministère des Finances est prêt à accroître nos dépenses en capital de 10 à 15 % par an, ce qui sera suffisant pour répondre aux exigences des forces armées », a-t-il ajouté.
Sur la question des moteurs d’avions de combat, M. Singh a indiqué que l’Inde est proche de finaliser une collaboration avec un fabricant international, en partenariat avec la DRDO. « C’est un processus long qui pourrait durer une décennie », a-t-il précisé.
Par ailleurs, des efforts sont en cours pour réduire la dépendance indienne aux fournisseurs étrangers en matière de moteurs marins.
Le Commandement Sud de l’Armée indienne organisait ce même jour à Pune le séminaire Defence Tech 2025 – STRIDE, réunissant les principaux acteurs nationaux issus du monde académique, industriel, des organismes de recherche et des forces armées.
Placée sous le thème « Atmanirbharta à travers le partenariat – Industrie, Université, Forces Armées », cette rencontre visait à renforcer la collaboration, accélérer le développement des capacités indigènes et favoriser l’intégration des technologies de rupture dans le domaine de la défense.
Cette manifestation a réuni le lieutenant-général Dhiraj Seth, PVSM, AVSM, commandant en chef du Commandement Sud, ainsi que des hauts responsables de l’armée et des représentants éminents de l’écosystème de défense.
La session intitulée « Accélérer le développement des technologies de niche pour les systèmes indigènes » a abordé des sujets tels que la rétro-ingénierie, la recherche universitaire financée par l’industrie et le rôle du DRDO.
Les discussions sur la croissance de l’écosystème de la fabrication de défense en Inde ont porté sur la contribution conjointe de l’industrie privée, des entreprises publiques et du milieu académique.
Ce séminaire s’inscrit dans la stratégie nationale visant à bâtir une base industrielle de défense autonome solide, tout en cultivant des partenariats pour faire face aux futurs défis sécuritaires du pays.