Babcock et Palantir ont dévoilé une nouvelle phase de leur partenariat visant à transformer la construction et le soutien des bâtiments de guerre grâce à la plateforme de fabrication Warp Speed de l’entreprise américaine.
Déjà intégrée au programme Arrowhead 140, cette solution offre aux équipes de production une visibilité en temps réel sur les plannings de construction, les chaînes d’approvisionnement et les flux de travail. Les deux sociétés estiment que ce système permettra de réduire les retards, d’anticiper les goulets d’étranglement et de rendre la construction navale plus résiliente face aux pressions du marché.
Sir Nick Hine, directeur général de Babcock Marine, décrit cette avancée comme un « changement radical dans la manière dont nous construisons et soutenons les navires de guerre », affirmant que l’intégration d’une prise de décision basée sur les données fournira « une production navale plus intelligente, plus rapide et plus résiliente ».
Palantir, longtemps considéré comme un acteur controversé dans les secteurs de la défense et du renseignement, précise que c’est la première fois que sa plateforme Warp Speed est adoptée par un constructeur britannique ou européen. Guy Williams, responsable de la Défense internationale et de la sécurité nationale chez Palantir, assure que cette technologie « va dynamiser la production et l’efficacité opérationnelle de Babcock et inaugurer une nouvelle ère de puissance maritime pour le Royaume-Uni ».
Le partenariat a débuté en 2023, combinant initialement la conception modulaire des navires avec des outils de maintenance prédictive. Il s’est depuis élargi pour créer un environnement digital unique reliant les ingénieurs, opérateurs et responsables de Babcock à leurs fournisseurs.
Pour Babcock, cet accord vise à répondre aux exigences de la Royal Navy, notamment pour accélérer des programmes comme le Type 31 et les futurs bâtiments de soutien, tout en améliorant le soutien tout au long de la vie des navires une fois en service. Pour Palantir, il s’agit d’une vitrine de choix en Europe pour Warp Speed, à un moment où les gouvernements cherchent à renforcer leurs chaînes d’approvisionnement et la résilience industrielle.
Cette collaboration illustre une tendance plus large dans la construction navale militaire : les outils numériques ne sont plus des compléments, ils deviennent essentiels pour que les industriels livrent rapidement des capacités opérationnelles aux forces navales.