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Le secrétaire à la Défense appelle à renforcer la collaboration entre industrie, institut de recherche et monde académique pour accroître les capacités des forces armées dans un contexte en constante évolution. Lors du séminaire STRIDE 2025 organisé par le Commandement Sud à Pune, il a souligné que la supériorité technologique et la puissance industrielle sont déterminantes dans l’issue des conflits.

New Delhi. Lors de l’inauguration du séminaire STRIDE 2025, placé sous le thème « Synergie entre technologie, recherche et écosystème de défense », le secrétaire à la Défense indien, Rajesh Kumar Singh, a insisté sur la nécessité d’un renforcement durable de la coopération entre les secteurs public et privé, les instituts de recherche tels que le DRDO (Defence Research and Development Organisation) et le milieu universitaire. Cette collaboration est essentielle pour augmenter les capacités opérationnelles des forces armées dans un monde en rapide mutation.

Le secrétaire a rappelé que les disruptions technologiques actuelles modifient profondément non seulement la nature des conflits armés, mais aussi les dynamiques industrielles. Selon lui, tous les acteurs concernés doivent se tenir informés des dernières tendances technologiques et œuvrer ensemble à la réalisation de l’objectif Aatmanirbhar Bharat (Inde autonome).

Rajesh Kumar Singh a également souligné que la supériorité technologique et la force industrielle sont souvent des facteurs décisifs dans le résultat d’une guerre. Il a insisté sur la nécessité de faire croître l’industrie de défense au même rythme que le reste du secteur manufacturier pour atteindre la vision d’un Viksit Bharat (Inde développée) et une économie de 30 000 milliards de dollars d’ici 2047. Cette transition est cruciale pour faire de l’Inde une nation innovante, stimuler la culture des start-ups, élargir la base industrielle, accroître la part du manufacturier dans le PIB, générer de l’emploi et bénéficier des retombées liées à l’usage dual des technologies.

Le secrétaire à la Défense a également analysé le contexte mondial marqué par des conflits persistants, un protectionnisme économique croissant, une fragmentation économique et un recul des institutions multilatérales. Face à ces défis, il a relevé « la nécessité d’appuyer notre puissance douce, puisque la puissance militaire devient de plus en plus cruciale ».

Il a détaillé les réformes mises en œuvre par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Narendra Modi pour que l’Inde reste en tête dans la course technologique, notamment la révision dynamique et pragmatique du Manuel d’acquisition de la Défense de 2009 et la Procédure d’acquisition de 2020. Ces mesures visent à réduire les lourdeurs bureaucratiques, favoriser les résultats, abaisser les barrières à l’entrée pour les entreprises privées et start-ups, encourager l’innovation locale et garantir des appels d’offres compétitifs. L’objectif est d’élargir et diversifier la base industrielle de défense.

Saluer le rôle croissant du secteur privé dans l’autonomie stratégique, Rajesh Kumar Singh a invité ces entreprises à accroître leurs investissements en recherche et développement ainsi qu’en capacités de production. Il a averti que sans une volonté forte du secteur privé de s’engager durablement, il sera impossible d’atteindre le niveau d’innovation et de capacités requis par les forces armées. « Dans le secteur de la défense, les commandes sont souvent sporadiques, mais si vous disposez de la technologie et de la maîtrise d’ingénierie, vous pourrez vous maintenir grâce à un mix de commandes nationales et export, » a-t-il précisé.

Le général commandant en chef du Commandement Sud, le lieutenant-général Dhiraj Seth, a pour sa part souligné l’importance d’une approche globale et coordonnée à l’échelle nationale pour parvenir à l’autonomie dans les capacités de défense.

Le séminaire a réuni des experts éminents des forces armées, des vétérans, des chercheurs, des représentants du DRDO, des entreprises publiques, de l’industrie privée et du milieu universitaire. Son objectif était d’élaborer une feuille de route pour un écosystème de défense indigène couvrant la R&D, la production, la maintenance, et l’innovation. Les discussions ont notamment porté sur :

  • La accélération des technologies de niche par le biais de l’ingénierie inverse et du financement industriel de la recherche académique.
  • Le renforcement du rôle du DRDO comme catalyseur de l’innovation locale.
  • Le développement accéléré du secteur manufacturier de défense grâce à une collaboration renforcée entre le privé, les entreprises publiques et les institutions académiques.

Une exposition d’équipements innovants a été organisée lors de l’événement pour présenter les dernières avancées technologiques indigènes et promouvoir les partenariats en vue de préparer les capacités militaires du futur.

Ce séminaire a ainsi réaffirmé l’engagement du Commandement Sud à porter la vision d’un Aatmanirbhar Bharat, à favoriser la synergie entre tous les acteurs et à renforcer l’écosystème national de défense à la fois au niveau régional et national.