Le ministère japonais de la Défense, via son Agence d’Acquisition, de Technologie et de Logistique (ATLA), a annoncé la réussite des premières séries d’essais de tir d’un canon électromagnétique (cañón de rail) installé sur un bâtiment naval, visant un navire cible en mer.
ATLA a publié un communiqué accompagnée de plusieurs photographies illustrant ces tirs depuis le navire d’essai JS Asuka, unité de la Force maritime d’autodéfense japonaise (JMSDF). Le canon électromagnétique embarqué a réalisé avec succès des tirs longue portée sur un objectif naval lors de ces expérimentations.
Les images dévoilent différentes phases du test : l’alignement du canon sur la cible, le moment du tir, ainsi que le système de contrôle de tir installé à proximité de l’arme. ATLA a précisé que les détails techniques complets des essais seront communiqués durant le « Symposium technologique ATLA 2025 », prévu à Tokyo les 11 et 12 novembre prochains.
Cette nouvelle série d’essais fait suite à une précédente réussite en octobre 2023, où ATLA avait effectué la première mise à feu au monde d’un canon électromagnétique embarqué en mer, toujours à bord du JS Asuka, avec une version antérieure de l’arme.
Un modèle à mi-échelle du canon électromagnétique avait été présenté pour la première fois au salon international DSEI Japan 2025 à Chiba, non loin de Tokyo, en mai dernier.
La technologie du canon électromagnétique
Ces canons fonctionnent en utilisant de l’énergie électrique pour propulser des projectiles à très haute vitesse, éliminant ainsi la nécessité de poudre classique. Lors d’essais antérieurs, un projectile tiré depuis un canon de 6 mètres de long de calibre 40 mm avait atteint une vitesse hypersonique de 2 297 mètres par seconde, soit presque Mach 7, dépassant largement les 1 750 mètres par seconde des canons de chars, qui représentaient jusqu’ici les systèmes d’artillerie les plus rapides.
Les canons électromagnétiques offrent la capacité de tirer rapidement à moindre coût comparé aux missiles intercepteurs classiques. Ils représentent ainsi une technologie prometteuse pour les futures défenses contre les armes hypersoniques (vitesse supérieure à Mach 5), notamment celles développées par la Chine, la Corée du Nord et la Russie.
Les défis énergétiques et stratégiques
Un obstacle majeur à leur déploiement est la très forte demande en énergie électrique requise pour chaque tir. La nécessité d’une source d’alimentation puissante et la miniaturisation des composants restent des défis techniques cruciaux, notamment pour l’intégration sur des navires et d’autres plateformes militaires.
Face à ces contraintes, le Japon intensifie ses recherches sur des technologies militaires avancées telles que les armes à canon électromagnétique, les micro-ondes haute puissance et les lasers, afin de répondre à la menace croissante que représentent les missiles provenant des pays voisins.
Ces innovations devraient permettre de transformer radicalement le domaine de la défense antimissile, en permettant à Tokyo d’intercepter simultanément plusieurs menaces, missiles ou drones, tout en réduisant considérablement les coûts par interception par rapport aux systèmes actuels.
Kosuke Takahashi