Les États-Unis, marqués par une violence politique chronique, connaissent une recrudescence inédite depuis les tumultes des années 1960-1970. De l’assassinat historique d’Abraham Lincoln aux assassinats de figures emblématiques comme Martin Luther King Jr. ou John F. Kennedy, la violence politique est un fil rouge tragique de l’histoire américaine. Ces dernières années, ce phénomène semble avoir atteint une intensité comparable à ces périodes troublées.
De nombreux auteurs de violences politiques ne se réclament pas toujours d’idéologies facilement identifiables, transcendant souvent les clivages partisans traditionnels.
Retour sur quelques faits marquants de cette longue série de violences politiques :
Le 10 septembre 2025, l’activiste conservateur Charlie Kirk a été mortellement abattu lors d’un événement à l’Université Utah Valley, devenant ainsi la dernière victime en date de la violence politique aux États-Unis.
Kirk, cofondateur de l’organisation jeunesse conservatrice Turning Point USA et allié proche de l’ancien président Donald Trump, a été visé par un tir unique lors d’une intervention en plein air. Des milliers de personnes assistaient à l’événement, encadré par environ six policiers, des agents en civil, et une équipe de sécurité privée.
Quelques instants avant la fusillade, Kirk répondait à une question sur les violences par armes à feu aux États-Unis. La question concernait le nombre de tireurs en masse parmi les Américains transgenres sur les dix dernières années et Kirk répondait par « trop ». Immédiatement après, un coup de feu a retenti, mettant fin à son intervention.
Le chef de la police de l’Université, Jeff Long, a reconnu que malgré la coordination entre forces de l’ordre et sécurité privée, la protection n’a pas été suffisante pour éviter ce drame. Certains témoins ont signalé l’absence de dispositifs de sécurité tels que détecteurs de métaux ou fouilles de sacs, ce qui correspondait à la norme lors de la tournée nationale de Kirk.
Le principal suspect a été interrogé puis relâché par le FBI, selon son directeur Kash Patel. L’enquête est toujours en cours, une plateforme en ligne a été ouverte pour recueillir des témoignages de la population.
Réactions politiques et sociales : Donald Trump Jr. a rendu hommage à Kirk en le décrivant comme « un petit frère » et une « véritable inspiration ». Il souligne que Kirk n’était une menace pour personne, mais qu’il était un « puissant messager de vérité », ce qui l’a rendu « une cible ». Selon lui, le travail et la voix de Kirk ont contribué à la victoire présidentielle de son père.
Le gouverneur de l’Utah, Spencer Cox, a dénoncé une atteinte aux fondements constitutionnels du pays et insisté sur la nécessité de respecter le débat d’idées, quels que soient les opinions politiques.
L’ancien président républicain George W. Bush a condamné la violence et appelé à préserver la liberté d’expression dans les campus universitaires, soulignant que les adversaires politiques sont avant tout des citoyens à part entière. Bill Clinton, ex-président démocrate, a exprimé tristesse et colère, invitant à une introspection collective pour renforcer un débat pacifique.
Le président Donald Trump a qualifié Charlie Kirk de « grand, voire légendaire » et promis de traquer tous ceux impliqués dans des actes de violence politique, y compris les groupes qui la financent et la soutiennent, protégeant ainsi les juges, policiers et autres représentants de l’ordre.
Contexte plus large et autres violences politiques récentes :
Le 45e président Donald Trump lui-même a été victime d’une tentative d’assassinat lors de sa campagne présidentielle dans une petite ville de Pennsylvanie.
Historiquement, quatre présidents américains ont été assassinés par balle :
- Abraham Lincoln, tué en 1865 au théâtre Ford à Washington D.C., par John Wilkes Booth, sympathisant sudiste.
- James Garfield, abattu à une gare de Washington en 1881 par Charles Guiteau, un ancien partisan désabusé souffrant de troubles mentaux.
- William McKinley, assassiné en 1901 lors de l’Exposition panaméricaine de Buffalo, par l’anarchiste Leon Czolgosz.
- John F. Kennedy, tué en 1963 à Dallas par le tireur Lee Harvey Oswald, sympathisant soviétique.
On compte aussi la tentative d’assassinat de Ronald Reagan en 1981. Blessé grièvement par John Hinckley Jr., Reagan a passé douze jours à l’hôpital mais a renforcé sa popularité grâce à son humour et sa résilience pendant sa convalescence.
La violence politique reste une menace constante dans le paysage américain, mettant en lumière les fragilités d’une société divisée et les défis liés au respect du libre débat démocratique.