Le programme Global Combat Air Programme (GCAP) franchit une nouvelle étape avec la création d’un consortium électronique réunissant des leaders industriels du Royaume-Uni, d’Italie et du Japon. Ce partenariat vise à développer les capteurs avancés et l’architecture de communication du futur avion de combat de sixième génération.
Présenté à Londres le 9 septembre, le consortium GCAP Electronics Evolution (G2E) regroupe Leonardo UK, la division électronique de Leonardo en Italie, ELT Group et Mitsubishi Electric. Ensemble, ils travailleront sur les systèmes intégrés de détection et d’effets non cinétiques ainsi que sur les systèmes de communication intégrés (ISANKE & ICS).
Ce regroupement se prépare à recevoir un contrat de la part d’Edgewing, la coentreprise créée par BAE Systems, Leonardo et Japan Aircraft Industrial Enhancement Co. Ltd.
Les partenaires soulignent que la formation du consortium G2E « témoigne d’un progrès industriel substantiel et confirme leur engagement à long terme envers le programme GCAP ».
Lors de la conférence de presse, Andrew Howard, directeur du programme Future Combat Air chez Leonardo UK, a insisté sur le caractère révolutionnaire de cette collaboration : « L’essence de ce que nous cherchons à réaliser est de la sixième génération. La véritable avancée transformative est cette génération six. Il s’agit d’une intégration profonde des capacités de détection et de communication pour offrir des performances accrues. »
Il a expliqué la signification du nom choisi pour le consortium : « Notre choix, GCAP Electronics Evolution, reflète une évolution constante des capacités techniques, notamment à travers les logiciels et firmwares tout au long du cycle de vie du produit. »
Pietro Vanotti, vice-président senior des programmes Future Combat Air System chez Leonardo Electronics en Italie, a souligné la nécessité d’une coopération multinationale face à l’ampleur du projet : « Aucun pays ni industrie seule ne peut relever un tel défi. Dès le départ, nous avons compris qu’il fallait unir nos forces, harmoniser nos compétences et créer des synergies pour atteindre un résultat supérieur à la somme des parties. » Il a précisé que les communications constitueraient « le ciment permettant à tous les capteurs de fonctionner comme un seul, en connectant différentes plateformes sur le champ de bataille. »
Pour Ing. Alberto De Arcangelis, vice-président senior d’ELT Group, la « prochaine génération » ne se limite pas à une amélioration des performances : « Ce terme signifie aussi rapidité de développement, respect des calendriers serrés et capacité d’évolution tout au long de la durée de vie. »
Il a détaillé la méthode de travail du consortium basée sur une ingénierie collaborative : « La majorité des activités de développement seront menées par des équipes intégrées et multinationales. Des ingénieurs des quatre entreprises travailleront côte à côte, assurant la meilleure combinaison de compétences et la liberté d’adaptation pour chaque pays. »
Tatsuya Hirao, directeur général du programme F-X chez Mitsubishi Electric, a qualifié cette collaboration de jalon historique pour l’industrie de défense japonaise : « Participer à ce consortium dynamique est une étape majeure, non seulement pour apporter notre expertise en détection et communications avancées, mais aussi pour apprendre de l’expérience remarquable de nos partenaires, en travaillant littéralement 24 heures sur 24 à travers les continents. »
Andrew Howard a confirmé que cette collaboration dépasse désormais la phase stratégique pour entrer dans l’ingénierie pratique : « Nos collègues de MELCO arrivent au Royaume-Uni pour rejoindre mon équipe à Luton. Ce ne sont pas juste des négociateurs ou des stratèges, ce sont des ingénieurs qui viennent travailler concrètement. »
Le consortium a signé son accord en amont du premier contrat international, que Howard qualifie d’« ouverture d’un nouveau chapitre ».
Avec l’objectif de livrer un chasseur opérationnel de sixième génération d’ici 2035, les partenaires insistent sur la nécessité de concilier rapidité et robustesse. De Arcangelis résume ainsi les ambitions : « La prochaine génération signifie une meilleure compréhension du scénario du champ de bataille, rendue possible par l’intégration totale de tous les capteurs et fonctions de communication, grâce à une fusion de données avancée et aux algorithmes les plus récents d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique. »
Le consortium GCAP Electronics Evolution rejoint ainsi Edgewing et d’autres groupements industriels dans l’un des programmes de défense multinationaux les plus ambitieux actuellement. Derrière le langage technique de l’intégration, de la fusion de données et de l’ingénierie numérique, un message ressort clairement : l’avenir du combat aérien ne sera pas écrit par un seul pays, mais par des partenaires prêts à partager savoir-faire, risques et ambitions. C’est dans cet effort collectif que se construit le chasseur du futur et le champ de bataille encore à définir.