Article de 567 mots ⏱️ 3 min de lecture

Armasuisse confirme la livraison des premiers F-35A à partir de mi-2027, malgré les retards et surcoûts importants liés aux mises à jour technologiques. Le programme suisse prévoit une flotte équipée de la dernière configuration « Bloc 4 », bien que celle-ci accuse plusieurs années de retard et un dépassement budgétaire majeur.

Armasuisse, l’agence suisse chargée des acquisitions de défense, a confirmé que la livraison des chasseurs F-35A débutera comme prévu à la mi-2027. Le premier appareil sera assemblé dans l’usine Lockheed Martin de Fort Worth, aux États-Unis, avant qu’une seconde chaîne de production, située à Cameri en Italie, ne prenne le relais à partir de mi-2028.

La flotte suisse sera livrée avec la configuration la plus récente, dite « Bloc 4 », qui intègre des améliorations majeures en matière de capteurs, d’armement et de capacités de guerre électronique. Cette information a été communiquée par un porte-parole d’Armasuisse à l’agence suisse Keystone-ATS, en dépit des inquiétudes croissantes concernant la mise à jour Technology Refresh 3 (TR-3), un programme de 1,9 milliard de dollars accusant un retard de trois ans.

Le paquet TR-3 doit renforcer les capacités du « Bloc 4 » en améliorant notamment les capteurs, l’intégration d’armements modernes et les systèmes de guerre électronique. Selon un rapport de la Government Accountability Office (GAO) des États-Unis, les retards du TR-3 ont contraint le Pentagone à accepter la livraison provisoire de 174 F-35 avec des capacités de combat incomplètes.

La GAO a souligné le 6 septembre 2025 que les 110 avions livrés en 2024 sont arrivés en moyenne avec 238 jours de retard, contre 61 jours en 2023. Le rapport avertit également que le programme « Bloc 4 » accuse au moins cinq années de retard, dépasse le budget de 6 milliards de dollars et offrira initialement des fonctionnalités inférieures aux prévisions originales.

Armasuisse assure toutefois que la version suisse du F-35 sera pleinement opérationnelle dès sa réception. Le moteur F135 actuellement utilisé n’aura pas besoin d’être remplacé, les mises à jour du cœur moteur et des systèmes de refroidissement, regroupées dans l’« Actualisation de la gestion de la puissance et thermique », étant prévues uniquement à partir du milieu des années 2030.

La controverse politique s’est accrue depuis l’imposition par l’administration Trump, le 1er août 2025, d’un tarif douanier de 39 % sur les importations suisses. Les opposants de gauche dénoncent un surcoût potentiel allant jusqu’à 1,3 milliard de dollars, tandis que les partisans du gouvernement mettent en garde contre les conséquences négatives d’une annulation du contrat, notamment sur les relations commerciales entre la Suisse et les États-Unis, ainsi que sur la modernisation de l’armée de l’air suisse.

Début août 2025, Urs Loher, le directeur national du matériel en Suisse, s’est rendu aux installations de Lockheed Martin à Fort Worth pour discuter des obligations compensatoires et du suivi du programme. Armasuisse a décrit cette visite comme une démarche de routine visant à évaluer l’avancement et à clarifier la coopération industrielle dans le cadre de l’accord F-35.

Enfin, les premiers pilotes suisses ainsi que les chefs des équipes de maintenance sont attendus à Fort Worth début 2026 pour débuter leur formation aux États-Unis, avant la livraison effective des appareils prévue peu après.