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Le porte-avions américain le plus avancé a récemment opéré pendant deux semaines à la lisière du cercle polaire arctique, en coopération avec une flottille combinée de l’OTAN, soulignant l’importance stratégique croissante du Grand Nord dans la compétition entre grandes puissances.

Du 23 août au 8 septembre, le groupe aéronaval du USS Gerald R. Ford (CVN 78) a dirigé une force multinationale à travers la mer de Norvège et les eaux au sud-est de l’archipel du Svalbard. Cette mission a réuni des navires de guerre américains, norvégiens, français et allemands placés sous commandement national ainsi que sous l’égide du Groupe maritime permanent 1 de l’OTAN.

Le contre-amiral Paul Lanzilotta, commandant du Carrier Strike Group Douze, a présenté ce déploiement comme une étape significative dans le renforcement des opérations alliées dans l’Arctique. « Ce que nous faisons constitue une brique essentielle dans la construction des trois dernières années d’opérations de nos groupes aéronavals américains au large des côtes norvégiennes et en mer du Nord, en collaboration avec la marine royale norvégienne », a-t-il expliqué. « Notre compréhension mutuelle des priorités, des perspectives et des méthodes navales garantit un travail efficace chaque fois que nous opérons ensemble. »

Le groupe de combat de surface, centré sur l’USS Bainbridge (DDG 96) et l’USS Mahan (DDG 72), a été renforcé par la frégate norvégienne Thor Heyerdahl (F 314), la frégate française Aquitaine (D 650) et la frégate allemande Hamburg (F220). Les navires auxiliaires de la coalition, notamment l’USNS William McLean (T-AKE 12), le HNoMS Maud (A 530) et le FS Somme (A 631), ont assuré le soutien logistique nécessaire tout au long de la manœuvre dans le Grand Nord.

Le commandant norvégien Lars Ole Hoknes, à la tête du Thor Heyerdahl, a clairement affirmé la détermination de sa marine à protéger les eaux proches de l’Arctique. « La mer de Norvège et ses alentours doivent rester libres, quoi qu’il en coûte », a-t-il déclaré.

Le groupe aéronaval a également renforcé ses capacités durant le déploiement. L’USS Gerald R. Ford et le destroyer USS Winston S. Churchill (DDG 81) ont conduit des opérations coordonnées de frappes et de vols avec la Force aérienne royale norvégienne, s’exerçant à une interopérabilité de haut niveau jugée cruciale par les dirigeants de l’OTAN face aux menaces de puissances quasi égales.

Ce déploiement s’inscrit dans la continuité de la stratégie arctique du Pentagone pour 2024, qui considère cette région comme un théâtre décisif pour la sécurité euro-atlantique. La marine américaine a présenté ces opérations menées par le groupe Ford comme une mise en œuvre directe de cette politique, avec un accent particulier sur la surveillance maritime et les campagnes militaires dans des environnements polaires contestés.

Le Carrier Strike Group Douze reste déployé au sein de la VIe flotte américaine, où il poursuivra ses missions de sécurité maritime et de dissuasion à travers l’Europe et l’Afrique. Comme l’a résumé la marine américaine, l’objectif est de « dissuader l’agression, préserver la prospérité économique et maintenir les mers libres et ouvertes ».