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Le ministre des Anciens Combattants, Al Carns, a alerté les parlementaires sur le caractère révolutionnaire des systèmes sans pilote, qu’il compare à l’impact historique de la mitrailleuse ou du cuirassé Dreadnought, soulignant que le Royaume-Uni doit prendre la tête de cette révolution technologique sous peine de se laisser distancer.

Lors d’un débat à Westminster Hall le 3 septembre, Al Carns, fort de ses 24 années de service — dont plusieurs décorations de combat — a insisté sur le fait que les drones modifient profondément la nature même des conflits : « Les systèmes sans pilote ont fondamentalement changé le visage de la guerre, c’est un fait. En Ukraine, des milliers de drones parcourent le ciel jour et nuit… Les drones sont 22 fois plus létaux et précis qu’un obus d’artillerie. »

Il a mis en garde contre le risque de ne pas former les troupes à l’usage des drones, comparant cette négligence à « ne pas avoir formé nos soldats à l’artillerie avant la Première Guerre mondiale ».

Al Carns a ensuite détaillé l’ampleur de l’utilisation des drones dans le conflit ukrainien : « En moyenne, des milliers de drones sont engagés quotidiennement — jusqu’à 2 000 ou 3 000, et à leur pic, 6 000 — sur les lignes de front. Une division dispose de centaines de drones qui observent chaque secteur du champ de bataille en continu, 24 heures sur 24, et orientent les plateformes de frappe immédiatement. »

Reprenant ses propos d’il y a un an, il a rappelé : « Les systèmes sans pilote représentent un moment aussi marquant que celui de la mitrailleuse pour l’Armée de terre, un moment submersible pour la Marine et un moment moteur à réaction pour l’Armée de l’air. » Il place désormais le Royaume-Uni à « un point d’inflexion comparable à celui où les armées de la Première Guerre mondiale ont compris l’utilité de la puissance aérienne ».

En établissant un parallèle avec la supériorité technologique britannique de 1940, Carns a ajouté : « Nous nous approchons du 85e anniversaire de la bataille d’Angleterre… Contrairement à ces progrès antérieurs, l’impact des systèmes sans pilote est simultané sur air, terre et mer, remettant en cause de nombreuses capacités existantes, sophistiquées et coûteuses. »

Le ministre a même suggéré que « environ 75 % des opérations que j’ai menées durant ma carrière pourraient aujourd’hui être réalisées par des systèmes sans pilote. Cela aurait considérablement amélioré ma sécurité personnelle, même si cela aurait sans doute réduit mon palmarès de décorations. »

Il a par ailleurs souligné la reconfiguration du champ de bataille opérée par les drones : « Il existe une zone morte en première ligne, d’environ 30 km de profondeur, où personne ne bouge : seuls de petits groupes ou des individus survivent, et encore, pas pour longtemps. » Selon lui, les chars sont de plus en plus vulnérables à des dégâts limitant leur mobilité plutôt qu’à leur destruction définitive.

Dans le domaine maritime, Carns a salué le succès de l’Ukraine face à la Russie : « Nous avons vu une marine sans flotte couler une flotte — les navires sans pilote ukrainiens ont détruit ou dispersé la puissante flotte russe de la mer Noire. » Il conclut en soulignant l’enjeu pour le Royaume-Uni : « La leçon pour le Royaume-Uni est claire : il faut être un leader dans la révolution des systèmes sans pilote… ou risquer de se faire distancer. »