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Le stockage des aéronefs à bord d’un porte-avions peut sembler simple et routinier dans les films ou à la télévision. En réalité, stocker des dizaines d’appareils nécessite une prouesse d’ingénierie et une logistique minutieusement planifiées.

L’espace dédié aux aéronefs est partagé entre la vaste plateforme de vol et un hangar souterrain de trois étages, qui sert à la fois de garage et de zone opérationnelle. La manière dont les avions sont stockés entre la piste et le hangar, ainsi que leur transport entre ces deux surfaces, est crucial pour assurer la préparation au combat.

Le fonctionnement réel d’un porte-avions

Lorsque les avions sont stationnés dans le hangar, leurs ailes sont repliées, réduisant ainsi leur envergure de près de moitié. C’est pourquoi des avions modernes tels que le F/A-18 Super Hornet et le Lockheed Martin F-35C Lightning II sont conçus avec des ailes repliables, bien que ce mécanisme ajoute de la complexité et du poids à l’appareil.

Les hélicoptères, comme le Sikorsky MH-60 Seahawk, disposent aussi de rotors et de queues repliables. Malgré ces capacités, chaque aéronef occupe un volume équivalant à un petit appartement, ce qui constitue un véritable casse-tête pour le stockage sous le pont.

Pour transférer les appareils entre le hangar et la plateforme, de gigantesques ascenseurs sont utilisés. Ces plateformes en acier, d’une taille comparable à un terrain de tennis, sont souvent mises en scène dans les films dédiés aux porte-avions, notamment dans Top Gun. Naturellement, les avions destinés au décollage sont déplacés vers la plateforme de vol plusieurs heures avant leur départ.

En parallèle, dans le hangar, les avions en réparation ou en maintenance restent organisés en « paquets », c’est-à-dire en rangées regroupées selon leur mission ou leur disponibilité. Pour les déplacer à l’intérieur du hangar, on utilise des tracteurs de remorquage, des véhicules simples techniquement mais offrant une grande précision de mouvement.

Combien d’avions un porte-avions peut-il transporter ?

Le hangar, bien que volumineux, est insuffisant pour stocker la totalité des aéronefs du porte-avions. Environ deux tiers des avions peuvent y être entreposés simultanément, mais cela entraînerait une congestion importante, gênant le travail et l’accès. Généralement, seule la moitié des aéronefs reste sous le pont ; le reste est stationné sur la plateforme de vol elle-même, avec les ailes repliées et souvent solidement arrimé avec des chaînes pour résister aux conditions de mer agitée.

En effet, sur la plateforme, chaque avion est fixé par de lourdes chaînes et des cales pour roues. Même un léger roulis, fréquent en mer, pourrait provoquer la collision d’un F/A-18 Hornet ou d’un F-35C, chacun pesant plusieurs tonnes, avec un autre appareil ou son éventuelle chute à la mer. Lors de la récente campagne aérienne américaine contre les Houthis, au moins un F/A-18 a été perdu suite à une telle mésaventure provoquée par un virage d’urgence du porte-avions.

Sans surprise, la principale difficulté du stockage des aéronefs en mer est la gestion de l’espace limité.

Lors d’opérations de vol intensives, par exemple lors d’une mission de combat, les deux ponts peuvent rapidement ressembler à un embouteillage, mêlant avions et véhicules de soutien. Tout le cycle d’opérations repose sur une chorégraphie rigoureuse : une seule panne d’appareil peut perturber l’ensemble du dispositif, retardant décollages et récupérations.

La sécurité est une priorité absolue pour les techniciens aéronautiques. Avec la présence de carburant, de missiles, de bombes, des conditions météorologiques difficiles avec mer agitée et vents forts, les risques sont nombreux. Les porte-avions modernes sont équipés de systèmes avancés d’extinction d’incendie, et le personnel applique des protocoles stricts pour la gestion des munitions, tout en maintenant une discipline rigoureuse sur le pont. Toutefois, les dangers inhérents restent présents.

Harrison Kass