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Dans une démarche stratégique visant à renforcer la sécurité des frontières, l’Armée indienne prévoit le déploiement de 5 000 drones captifs sur l’ensemble des zones frontalières du pays, incluant les régions côtières, les déserts et les zones montagneuses d’altitude. Cette initiative ambitieuse, présentée dans une demande d’informations (RFI) publiée par le Ministère de la Défense le 4 septembre 2025, a pour objectif d’équiper les commandants tactiques de capacités avancées de surveillance au-delà de la ligne de vue (BLOS) afin d’améliorer la connaissance du terrain et de consolider la sécurité nationale.

Les drones captifs, également appelés véhicules aériens sans pilote captifs, sont reliés physiquement au sol par un câble fournissant une alimentation électrique continue ainsi qu’une liaison de données sécurisée et à large bande passante. Contrairement aux drones classiques libres, limités par la durée de vie de leur batterie, les drones captifs peuvent fonctionner pendant de longues périodes — allant de plusieurs heures à plusieurs jours — ce qui les rend particulièrement adaptés à la surveillance continue, à la gestion des catastrophes et aux télécommunications. Cette capacité est essentielle pour surveiller les vastes et diverses frontières indiennes, qui font face à des menaces variées et à de nombreuses contraintes environnementales.

Selon la RFI, ces drones offriront une « capacité intégrée de surveillance au-delà de la ligne de vue aux commandants tactiques avec une endurance prolongée ». La configuration captif garantit des opérations ininterrompues, permettant une transmission de données en temps réel et une meilleure connaissance de la situation pour les forces au sol. Par ailleurs, les drones sont équipés d’une batterie intégrée, leur permettant de fonctionner aussi comme des drones classiques sans câble ou de servir de secours en cas de panne d’alimentation, assurant ainsi une grande flexibilité opérationnelle.

Conçus pour opérer dans les environnements les plus extrêmes du territoire indien, ces drones devront pouvoir évoluer aussi bien dans les zones côtières, les déserts arides, que dans les sommets himalayens atteignant 5 500 mètres d’altitude. La RFI précise que ces appareils doivent fonctionner de jour comme de nuit, sous une pluie légère et en cas de chute de neige, tout en supportant des températures allant de -50°C à +45°C. Cette robustesse garantit leur adéquation aux conditions variées des fronts terrestres, notamment la Ligne de Contrôle (LoC) avec le Pakistan, la Ligne de Contrôle Réelle (LAC) avec la Chine, ainsi que les frontières maritimes le long de la mer d’Arabie et du golfe du Bengale.

Les exigences techniques présentées dans la demande d’informations soulignent les capacités avancées attendues :

  • Mode captif : une endurance minimale en vol de neuf heures à une altitude d’au moins 100 mètres, assurant une surveillance prolongée sans besoin de recharge fréquente.
  • Mode libre (non captif) : une endurance minimale de 60 minutes à 1 000 mètres d’altitude avec un rayon d’action d’au moins 10 kilomètres, offrant une grande flexibilité pour des missions dynamiques.
  • Charge utile : un système de surveillance combinant électro-optique (EO) et infrarouge (IR) pour des opérations jour et nuit, capable de fournir des images haute résolution et une détection thermique dans diverses conditions.
  • Durabilité : résistance aux conditions climatiques extrêmes et aux terrains difficiles, garantissant une fiabilité opérationnelle en environnement hostile.