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L’Armée de l’Air indienne s’apprête à acquérir 75 pseudo-satellites stratosphériques, une nouvelle catégorie de plateformes aériennes à longue endurance conçues pour évoluer à très haute altitude. Ces systèmes sont capables de voler à environ 22 km (environ 72 000 pieds) et de rester en vol continu durant un à deux mois.

Les plateformes HAPS (High-Altitude Pseudo Satellites) se situent à mi-chemin entre les drones et les satellites, opérant dans la stratosphère, bien au-dessus du trafic aérien commercial. À cette altitude, elles permettent d’assurer des missions de surveillance persistante, de communications et de renseignement, tout en évitant les coûts élevés et les délais importants liés au lancement de satellites.

En restant en vol pendant plusieurs mois, une flotte de 75 HAPS offrirait à l’Armée de l’Air indienne une couverture quasi continue de zones sensibles, notamment la Ligne de Contrôle Réel (LAC) avec la Chine et la Ligne de Contrôle (LoC) avec le Pakistan, ainsi que des zones maritimes d’intérêt dans la région de l’océan Indien.

Ce programme suit une première demande d’informations (RFI) lancée en mai 2025 pour trois plateformes HAPS. Cette commande élargie à 75 unités, confirmée par des sources militaires, témoigne d’un engagement à long terme pour intégrer ces systèmes au sein de l’Armée de l’Air, de l’Armée de Terre et de la Marine indiennes, avec des applications dans la surveillance des frontières, la connaissance du domaine maritime et le renseignement électronique (ELINT).

Caractéristiques techniques et capacités

Les HAPS destinés à l’Armée de l’Air indienne sont conçus pour répondre à des exigences opérationnelles élevées :

  • Altitude et endurance : Opérant à 22 km (72 000 pieds), au-dessus des conditions météorologiques de la troposphère et des routes aériennes commerciales, les HAPS peuvent rester en vol pendant 1 à 2 mois grâce à des films solaires ultra-fins et des systèmes avancés de stockage d’énergie. Cette autonomie dépasse largement celle des drones traditionnels tels que le Heron TP (24 à 36 heures) et se rapproche de la persistance des satellites.
  • Capteurs embarqués : Équipés de caméras électro-optiques/infrarouges (EO/IR), de radars à synthèse d’ouverture (SAR) et de capteurs ELINT, ces plateformes fourniront des images haute résolution et des renseignements d’origine électromagnétique sur de vastes zones. Elles pourront également jouer le rôle de relais de données aériens, connectant stations au sol, avions et autres plateformes sans pilote.
  • Résistance stratosphérique : Conçus pour résister à des conditions extrêmes — températures pouvant descendre jusqu’à -90°C, forte exposition aux radiations solaires et ultraviolettes, pression atmosphérique très faible — les HAPS utilisent des composites légers et des matériaux avancés développés notamment par le Defence Metallurgical Research Laboratory (DMRL) du DRDO.
  • Souplesse opérationnelle : Capables de décollages et d’atterrissages automatiques, ces plateformes peuvent être déployées à partir de divers sites sans recourir à des lanceurs, permettant un repositionnement rapide comparé aux satellites.

Ces caractéristiques font des HAPS des outils idéaux pour les missions ISR (renseignement, surveillance, reconnaissance) persistantes, les relais de communication et la guerre électronique, comblant ainsi le fossé entre les drones MALE à basse altitude (environ 9 000 mètres, 24 heures) et les satellites en orbite basse (500 à 2 000 km).