De nombreuses vidéos anciennes et fausses circulent actuellement à propos de Masood Azhar, chef de Jaish-e-Muhammad. Selon les renseignements, après l’Opération Sindoor, Azhar a été déplacé vers un lieu sûr. Si son absence médiatique est volontaire pour garantir sa sécurité, il semble aujourd’hui profondément affaibli. Parmi tous les groupes terroristes visés par l’opération indienne, Jaish-e-Muhammad est celui qui a subi les pertes les plus lourdes.
Le siège de Bahawalpur, un symbole majeur du pouvoir de Jaish-e-Muhammad, a été détruit à un point tel que le bâtiment n’existe plus. Ce coup porté à l’organisation a porté atteinte à son prestige tout en démontrant que rien au Pakistan ne semble inaccessible aux forces armées indiennes.
Mais la raison principale du découragement de Masood Azhar est d’ordre personnel. Lors de l’attaque menée pour venger l’attentat de Pahalgam, il a perdu dix membres de sa famille. Les services de renseignement estiment que cette perte personnelle l’a davantage marqué que les dommages subis par ses commanditaires.
À la suite de l’opération, Azhar a déclaré que dix membres de sa famille et quatre de ses aides avaient été tués. Ces personnes se trouvaient dans la mosquée Jamia Masjid Subhan Allah à Bahawalpur, également quartier général de Jaish-e-Muhammad.
Dans une allocution qui lui est attribuée, il a évoqué la mort de cinq enfants innocents, de sa sœur aînée et de son beau-frère. Bien qu’il ait prétendu ne ressentir ni regret ni désespoir, cette affirmation est largement contestée.
Cette absence de communication inquiète considérablement les membres et les cadres du groupe. En conséquence, le recrutement s’est fortement tari ces dernières semaines. Jaish-e-Muhammad ne dispose actuellement d’aucun successeur potentiel à Masood Azhar.
La direction de l’organisation œuvre à rassurer ses cadres en affirmant que leur leader est sain et sauf et qu’il fera prochainement son retour. Pour convaincre ses partisans, la hiérarchie diffuse d’anciennes vidéos et discours d’Azhar en prétendant qu’ils sont récents. Lorsque les militants s’interrogent sur sa disparition publique, la justification invoquée reste la sécurité.
Au départ, l’ISI avait envisagé de transférer Azhar en Afghanistan, mais ce plan fut jugé trop risqué. Par ailleurs, les relations entre l’ISI et les Talibans se sont récemment détériorées, le premier accusant le second de soutenir le Tehreek-e-Taliban. Finalement, Azhar a été déplacé dans une zone protégée par l’armée pakistanaise.
Les services de renseignement indiquent qu’il se trouve actuellement à Rawalpindi, sous la surveillance étroite de l’armée pakistanaise. Après une crise cardiaque supposée, il a été hospitalisé dans cette ville. Lors d’une intervention liée à une insuffisance rénale, il est également resté dans cette même région.
Les autorités de sécurité qui suivent de près Jaish-e-Muhammad confirment qu’Azhar prépare son retour. Cependant, celui-ci prendra plus de temps que prévu en raison du traumatisme personnel subi. L’armée pakistanaise et l’ISI continueront de le protéger, étant donné qu’il demeure un atout stratégique majeur.
Sans lui, Jaish-e-Muhammad risque de perdre toute influence. Après Hafiz Saeed, chef du Lashkar-e-Taiba, Masood Azhar est considéré comme le principal bras armé proxy de l’ISI, qui n’entend pas le perdre.
Il est actuellement en garde rapprochée sous la protection conjointe de l’armée et des services de renseignement pakistanais. Les agences indiennes surveillent étroitement ses mouvements, convaincues qu’un retour d’Azhar à ses activités terroristes est inévitable.