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Le président américain Donald Trump a réaffirmé la solidité du partenariat entre l’Inde et les États-Unis, tout en clarifiant ses récentes remarques concernant les liens de New Delhi avec Moscou et Pékin. Lors d’une intervention à Washington, Trump a souligné son amitié personnelle avec le Premier ministre Narendra Modi, qualifiant la relation indo-américaine de « relation très spéciale » et insistant sur le fait qu’« il n’y a rien à craindre ».

Malgré quelques désaccords ponctuels, notamment son désaccord sur ce que Modi « fait en ce moment précis », Trump a insisté sur le fait que la relation bilatérale dans son ensemble reste solide. Il a ajouté qu’il « serait toujours ami » avec Modi, témoignant ainsi de la continuité du lien personnel qui a marqué la diplomatie des deux dirigeants ces dernières années.

Interrogé sur les négociations commerciales en cours avec l’Inde et d’autres pays, Trump a indiqué un « grand progrès », tout en critiquant également l’Union européenne.

Le président a exprimé son mécontentement face à la récente décision de la Commission européenne d’imposer une amende de 3,5 milliards de dollars à Google pour pratiques anticoncurrentielles dans le secteur publicitaire, accusant Bruxelles de cibler injustement les entreprises technologiques américaines.

Il a qualifié cette décision d’« action discriminatoire » et assuré que son administration ne permettrait pas à de telles mesures d’entraver les sociétés américaines, illustrant ainsi sa position constante en faveur d’une défense énergique des intérêts économiques des États-Unis, notamment dans le domaine des technologies internationales.

Cependant, concernant les importations énergétiques indiennes provenant de Russie, Trump a exprimé des inquiétudes. Reconnaissant sa déception à propos des achats par New Delhi de pétrole russe à prix réduit, il a révélé que les États-Unis ont imposé un droit de douane de 50 % à l’Inde, qualifiant ce tarif de « très élevé ».

Il a toutefois tempéré cette critique en rappelant qu’il entretient toujours de bonnes relations avec Modi, mentionnant d’ailleurs une récente apparition commune dans la roseraie de la Maison-Blanche.

Ces déclarations visaient à équilibrer un message de désapprobation stratégique avec un rappel du lien personnel et institutionnel solide. Notamment, ces propos sont intervenus quelques jours après une publication controversée sur Truth Social, où Trump avait suggéré que les États-Unis avaient « perdu la Russie et l’Inde au profit de la Chine la plus profonde et la plus obscure ».

Face à cette affirmation, devant les journalistes, le président a nuancé son propos en affirmant : « Je ne pense pas que ce soit le cas », sous-entendant que l’alignement de l’Inde reste encore sujet à concours et n’est pas définitivement acquis à Pékin.

Parallèlement, le gouvernement indien, par la voix du ministère des Affaires étrangères (MEA), a souligné la continuité, la stabilité et une démarche tournée vers l’avenir dans sa réponse. Le porte-parole du MEA, Randhir Jaiswal, a insisté sur le fait que les relations indo-américaines reposent sur un « partenariat stratégique global » fondé sur des valeurs démocratiques, des intérêts partagés et des échanges humains solides.

Il a rappelé que ce partenariat a traversé « plusieurs transitions et défis » et a affirmé que l’Inde demeure déterminée à faire progresser un agenda bilatéral substantiel avec Washington, basé sur le « respect mutuel et les intérêts communs ». Concernant plus spécifiquement les questions commerciales, Jaiswal a confirmé que l’Inde poursuit ses discussions avec les États-Unis en vue de résoudre les différends et de maintenir la coopération économique.

Ces développements traduisent la nature multidimensionnelle et parfois complexe des relations indo-américaines. D’une part, la rhétorique de Trump oscille entre chaleur personnelle envers Modi et insatisfaction vis-à-vis des choix politiques liés à l’énergie et au commerce.

D’autre part, l’Inde affiche un engagement institutionnel constant envers ce partenariat, indépendamment des cycles politiques à Washington.

Dans un contexte géopolitique marqué par des réalignements impliquant la Russie et la Chine, ces déclarations illustrent à la fois la résilience des liens bilatéraux et la fragilité des perceptions qui les façonnent. Si les droits de douane, les différends commerciaux et la politique énergétique demeurent des points de friction, le cadre plus large de la coopération stratégique perdure, fondé sur des objectifs de sécurité partagés, des complémentarités économiques et des engagements diplomatiques durables.