Le premier vol du très attendu avion de combat léger (LCA) Mk2 de l’Inde pourrait être repoussé à 2027, suscitant des inquiétudes au sein de la communauté de la défense quant à la pertinence stratégique future du programme.
Le LCA Mk2 est considéré comme le programme de développement d’avion de chasse le plus crucial pour l’Inde. Il est destiné à remplacer la flotte vieillissante de Jaguars, Mirage-2000 et MiG-29, tout en comblant le vide capacitaire en attendant l’entrée en service de l’Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA). Cependant, chaque report alimente les craintes que cet avion n’arrive trop tard pour répondre aux besoins opérationnels pour lesquels il a été initialement conçu.
Si le premier vol est effectivement repoussé à 2027, la production ne devrait débuter qu’entre 2031 et 2032, avec une induction dans l’Armée de l’Air indienne (IAF) prévue aux alentours de 2032-2033. Étant donné la commande planifiée de 120 appareils, il faudra ensuite environ cinq ans pour achever les livraisons, repoussant ainsi la pleine intégration vers 2037-2038.
Cela signifie que le LCA Mk2 atteindrait sa pleine capacité opérationnelle à une époque où plusieurs forces aériennes, dont celle de la Chine, pourraient déjà déployer des plateformes de chasse de sixième génération.
Bien que le design du LCA Mk2 intègre plusieurs technologies avancées — une capacité de charge accrue, des moteurs GE F414 plus puissants, une avionique moderne et une flexibilité opérationnelle améliorée — les retards dans la mise en œuvre risquent de compromettre sa valeur stratégique. Les experts mettent en garde contre le fait que même la technologie la plus avancée perd de son efficacité si elle arrive trop tard pour contrer les menaces émergentes.
L’Armée de l’Air indienne fait déjà face à une diminution de ses effectifs par escadron, actuellement autour de 30 alors que la force autorisée est de 42. Avec le retrait imminent des Jaguars et autres avions hérités, l’introduction rapide du LCA Mk2 est essentielle pour maintenir la capacité de combat.
Le succès ou l’échec de ce programme aura donc des conséquences majeures, non seulement sur les capacités opérationnelles de l’IAF, mais aussi sur l’écosystème aérospatial indien, fruit de plusieurs décennies d’expertise dans le développement de chasseurs indigènes.
Conçu pour devenir la colonne vertébrale de l’IAF dans les années 2030, le LCA Mk2 risque de voir sa pertinence stratégique remise en cause si son calendrier continue à glisser. L’exécution dans les délais est désormais aussi cruciale que la sophistication technologique de l’appareil. Sans cela, l’Inde pourrait se retrouver avec un avion de chasse parfaitement adapté sur le plan technique — mais arrivé au mauvais moment.