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La récente image de Narendra Modi, Vladimir Poutine et Xi Jinping souriants et échangeant chaleureusement lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) illustre une convergence croissante des grandes puissances asiatiques, qui remet en cause la domination mondiale des États-Unis.

Ce cliché a suscité une vive attention dans les médias occidentaux et américains. Ceux-ci y voient un symbole fort : la complicité entre Xi Jinping et Vladimir Poutine en tant que dirigeants d’un ordre mondial alternatif, et la volonté de Narendra Modi de montrer l’indépendance stratégique de l’Inde en cultivant des relations importantes en dehors de son traditionnel allié américain.

Bangalore. La photo prise lors du sommet de l’OCS à Tianjin, en Chine, où apparaissent côte à côte Modi, Xi et Poutine, a provoqué de nombreux débats dans les médias occidentaux. Elle est perçue comme un indicateur d’un basculement géopolitique majeur, marquant l’essor d’une nouvelle organisation internationale où l’Asie occupe une place centrale.

Le commentateur politique américain Van Jones a déclaré que cette image devrait « glacer le sang de chaque Américain », soulignant en cela les conséquences géopolitiques : ces grandes puissances asiatiques, aux côtés des dirigeants d’Iran et de la Corée du Nord, construisent une sorte d’alliance ou un ordre multipolaire remettant en cause la suprématie occidentale.

Il a qualifié cette situation de « stratégie d’encerclement » et d’« axe de bouleversement », ce qui, selon lui, « n’est pas bon pour l’Amérique ».

Sur la photo, une rare complicité est visible : Modi rit et serre la main de Poutine tandis que Xi affiche un sourire mesuré mais bienveillant. Cette atmosphère de cordialité constitue un signe fort de l’indépendance stratégique de l’Inde, prête à interagir avec la Chine et la Russie malgré des différends persistants, notamment les tensions frontalières et les droits de douane imposés par les États-Unis.

La participation active de Narendra Modi à ce sommet, marqué par sa proximité avec Xi et Poutine, témoigne d’un éloignement de l’Inde vis-à-vis des États-Unis, accentué par les mesures tarifaires sévères imposées à l’époque de l’administration Trump et la détérioration des relations diplomatiques.

Les médias occidentaux ont insisté sur les multiples messages véhiculés par cette image : la forte alliance entre Xi Jinping et Vladimir Poutine, chefs d’un ordre mondial alternatif, et la démonstration par Modi de la capacité de l’Inde à nouer des relations stratégiques cruciales, autres que celles avec Washington.

Ce sommet met en lumière un changement géopolitique plus large. L’OCS, initialement un forum régional pour l’Asie centrale, s’impose désormais comme une plateforme symbolisant l’influence asiatique croissante et contestant le leadership global américain.

Lors de ce sommet, Xi Jinping a condamné « les comportements d’intimidation », une critique largement interprétée comme visant les politiques américaines. Il a également mis en avant une vision d’un ordre mondial multipolaire, avec des centres de pouvoir équilibrés, rejetant les rivalités de l’ère de la Guerre froide et la coercition.

Le sommet coïncidait avec un défilé à Beijing commémorant la capitulation du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale. On a pu voir Xi, Poutine et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un se tenir côte à côte, illustrant une posture commune anti-occidentale et la formation d’un nouveau bloc contestataire face à l’ancienne domination occidentale.

Cette évolution a suscité critiques et désarroi parmi certains responsables politiques américains. Certains ont minimisé le rôle de l’OCS ou dénoncé la proximité de Modi avec ces dirigeants. Par exemple, Peter Navarro, conseiller commercial à la Maison-Blanche, a qualifié l’attitude de l’Inde de « honteuse », tandis que le secrétaire au Trésor Scott Bessent a jugé le sommet largement symbolique.

Ces réactions reflètent une inquiétude face aux retombées négatives des tarifs imposés par Trump sur la relation entre Washington et New Delhi, qui pourraient avoir contribué à rapprocher l’Inde de Pékin et Moscou.

En résumé, cette photographie de Modi, Poutine et Xi se saluant avec chaleur au cours du sommet de l’OCS symbolise l’émergence d’une alliance entre grandes puissances asiatiques contestant la suprématie mondiale des États-Unis.

Elle traduit la montée d’un ordre multipolaire, la réorganisation géopolitique induite par les tensions commerciales et diplomatiques, et illustre les préoccupations croissantes au sein des cercles politiques américains quant à la position des États-Unis dans ce nouvel équilibre international.