Le Parlement écossais appelle à relancer la production sidérurgique locale afin d’alimenter les commandes d’exportation des frégates Type 26. L’obtention d’un contrat historique pour la construction de cinq frégates Type 26 destinées à la Norvège a mis en lumière la nécessité vitale de réactiver la sidérurgie écossaise, notamment le site de Dalzell. Ce projet industriel s’inscrit aussi dans un contexte géostratégique européen et nord-atlantique crucial.
Lors d’un débat à Holyrood, Paul Sweeney, député du Labour écossais, a exprimé son souhait que l’acier utilisé pour la construction des cinq frégates Type 26 commandées par la Norvège provienne d’Écosse. « L’Écosse — et plus précisément Glasgow — a remporté la plus grande commande d’exportation navale jamais enregistrée dans ce pays, avec cinq frégates Type 26 destinées à la Norvège. Cependant, le problème est que, dans l’état actuel des choses, aucun acier écossais ne pourra alimenter ce programme à moins que l’usine de Dalzell ne redémarre. Le ministre peut-il garantir qu’il fera tout pour relancer cette installation afin que nous puissions fournir de l’acier écossais à ces remarquables frégates construites en Écosse ? »
En réponse, Ivan McKee, ministre de l’Entreprise, a assuré l’engagement du gouvernement à soutenir le site de Dalzell. « Je donne cette garantie. Comme je l’ai déjà indiqué, nous travaillons activement avec GFG pour envisager de nouvelles commandes. Des contrats dans le domaine maritime sont en préparation, et nous pourrons bientôt en dire davantage », a-t-il déclaré aux parlementaires écossais.
Le ministre a également rappelé que le maintien en activité du site est uniquement possible grâce à l’intervention des autorités publiques. « Le site fonctionne aujourd’hui uniquement grâce à l’appui continu du gouvernement écossais et de Scottish Enterprise. Nous restons mobilisés avec les propriétaires pour trouver d’autres opportunités afin de remettre l’usine pleinement en service », a-t-il souligné.
Ce dialogue intervient après l’annonce, dimanche, d’un contrat de 10 milliards de livres destiné à fournir à la Norvège des frégates anti-sous-marines Type 26 de BAE Systems, qui seront fabriquées sur la Clyde.
Les chantiers navals de Glasgow prolongent leur carnet de commandes grâce à ce contrat stratégique. La confirmation norvégienne pour l’acquisition de la frégate Type 26 renforce la position centrale de la Clyde dans ce programme majeur, avec des livraisons attendues dès 2030. Ce projet inscrit l’avenir de la construction navale écossaise au cœur de la défense collective de l’OTAN dans l’Atlantique Nord et l’Arctique.
La Clyde est déjà très engagée dans la production des huit frégates Type 26 destinées à la Royal Navy, avec trois unités commandées en 2017 puis cinq supplémentaires dans un contrat de 4,2 milliards de livres signé en 2022. Ce projet soutient environ 1 700 emplois directs dans les chantiers de Govan et Scotstoun, auxquels s’ajoutent 2 300 postes induits répartis toute la chaîne d’approvisionnement au Royaume-Uni. BAE Systems a également investi plus de 300 millions de livres pour moderniser les installations et garantir la production pour la prochaine décennie.
« C’est une excellente nouvelle pour la Clyde. Obtenir ce contrat nous donne confiance en l’avenir et permet de maintenir des emplois qualifiés ici, à Glasgow », a confié un ouvrier du chantier.
La Norvège prévoit de commander au moins cinq frégates pour remplacer les quatre bâtiments toujours en service de la classe Fridtjof Nansen et compenser la perte du HNoMS Helge Ingstad en 2018. Ce contrat pourrait faire de la Clyde le foyer de construction de plus de vingt Type 26 dans le monde, en comptant les navires déjà validés pour le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada.
Les retombées dépassent BAE Systems. Ferguson Marine, situé plus en aval à Port Glasgow, a déjà remporté des contrats de fabrication de modules structurels pour la quatrième frégate de la Royal Navy, le HMS Birmingham. Pour ce chantier, qui a connu des difficultés ces dernières années, ces commandes représentent une bouffée d’oxygène et démontrent la diffusion des bénéfices économiques de la chaîne logistique Type 26 à travers toute l’Écosse.
Sur le plan économique, l’impact est notable. Les dépenses de défense consacrées aux frégates soutiennent plus de 12 000 emplois en Écosse, lorsque l’on inclut l’ensemble des fournisseurs. Chaque contrat de grande envergure engendre un effet multiplicateur régional, de la découpe de l’acier aux systèmes électroniques avancés, consolidant la Clyde comme l’un des principaux pôles industriels du Royaume-Uni.
Stratégiquement, la décision norvégienne renforce aussi la coopération internationale. En rejoignant la communauté Type 26 aux côtés du Royaume-Uni, du Canada et de l’Australie, Oslo s’inscrit dans un programme multinational de longue durée incluant formation, maintenance et mises à niveau communes. Pour la Clyde, cela signifie que les chantiers produisent désormais des navires non seulement pour la Royal Navy, mais pour des alliés de l’OTAN partageant des enjeux sécuritaires similaires dans l’Atlantique Nord et l’Arctique.
Avec un carnet de commandes garanti jusqu’aux années 2030, les chantiers de Glasgow s’affirment comme le cœur de la construction navale militaire avancée au Royaume-Uni, une position renforcée par l’internationalisation du programme plutôt que menacée.