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Le récent conflit indo-pakistanais de mai 2025, baptisé Opération Sindoor, a mis en lumière l’importance stratégique des systèmes avancés de défense aérienne dans la guerre moderne. Les systèmes russes S-400 Triumf déployés par l’Armée de l’air indienne (IAF) ont démontré une efficacité quasi parfaite pour intercepter drones et missiles pakistanais, réalisant notamment la destruction historique d’un avion de surveillance AWACS Saab 2000 Erieye de la Force aérienne pakistanaise (PAF) à une distance record de 314 kilomètres à l’intérieur du territoire pakistanais.

Cette performance a non seulement justifié les 5,43 milliards de dollars investis par l’Inde dans cinq escadrons de S-400, mais a également poussé New Delhi à accélérer les négociations avec Moscou pour acquérir des unités supplémentaires. Des sources russes confirment que l’Inde et la Russie envisagent de discuter la commande de deux escadrons supplémentaires de S-400, avec des livraisons possibles en 2029 et 2030. Par ailleurs, l’Inde manifeste un vif intérêt pour le système plus avancé S-500 Prometheus, tout en restant ouverte à poursuivre les acquisitions de S-400, parallèlement au développement de son programme national Project Kusha.

Stationné sur la base aérienne d’Adampur, dans le Punjab, le radar 92N6E Grave Stone du S-400 a détecté les menaces jusqu’à 600 km, tandis que les missiles 40N6 ont engagé l’AWACS pakistanais à 314 km, réalisant la plus longue interception enregistrée par un missile sol-air.

Le Maréchal de l’air Amar Preet Singh a confirmé que le système avait détruit cinq chasseurs pakistanais ainsi qu’un « gros avion » (l’AWACS) à plus de 300 km, qualifiant cet exploit comme « la plus grande interception surface-air jamais enregistrée ». La capacité du S-400 à suivre 300 cibles simultanément et à engager 36 d’entre elles a permis de neutraliser des attaques massives, protégeant les infrastructures critiques et facilitant des contre-attaques de l’IAF qui ont ciblé des assets pakistanais dans les bases de Bholari et Sargodha.

Le Pakistan avait affirmé avoir endommagé des composants du S-400 à Adampur grâce à des missiles hypersoniques CM-400AKG lancés depuis des JF-17, mais la visite du Premier ministre Narendra Modi sur le site intact le 13 mai et les images satellites ont infirmé ces allégations, montrant des dégâts minimes sur les installations indiennes.

Le déploiement rapide du S-400, inférieur à 5 minutes, et sa résistance aux brouillages électroniques se sont révélés essentiels dans un environnement de menace élevée, surpassant largement les systèmes chinois HQ-9 pakistanais dont la portée varie de 120 à 300 km. Cette validation en conditions réelles a renforcé la volonté de l’Inde d’acquérir davantage d’unités, d’autant que la force des escadrons de l’IAF reste en deçà des niveaux prévus, face à la menace sur deux fronts, Chine et Pakistan.

En parallèle des acquisitions étrangères, le projet national indien Kusha, validé en mai 2022 avec un budget de 21 700 crores de roupies pour cinq escadrons, vise des capacités comparables à celles du S-500 d’ici 2028-2029.

Développé par le DRDO en collaboration avec Bharat Electronics Limited (BEL), ce projet intègre trois intercepteurs : M1 (portée de 150 km), M2 (250 km), et M3 (350-400 km), avec une probabilité de destruction comprise entre 85 et 98,5 % grâce à des moteurs à double impulsion et une assistance décisionnelle basée sur l’intelligence artificielle.

Les radars offrent une couverture de 500 à 600 km, permettant de contrer avions furtifs, drones et missiles balistiques anti-navires (ASBM) atteignant Mach 7. Le directeur du DRDO, le Dr Samir V. Kamat, a précisé que Kusha rivalise avec le S-500 et pas seulement avec le S-400, prévoyant une phase II pour les menaces hypersoniques à plus de 400 km.

Ce système est conçu pour être intégré aux réseaux IACCS, Akash-NG et MR-SAM, comblant les lacunes dans la défense aérienne indienne pour un coût nettement inférieur aux importations de S-400. Après l’opération Sindoor, l’IAF a appelé à une accélération du programme, avec des essais de l’intercepteur M1 prévus en 2026 et une induction complète avant 2030.

Kusha assure ainsi l’autonomie stratégique en réduisant la dépendance envers la Russie, notamment face aux retards dans les livraisons.

Caractéristique S-400 Triumf S-500 Prometheus Projet Kusha (Phase I)
Portée Jusqu’à 400 km Jusqu’à 600 km 150-350 km (Phase II : >400 km)
Altitude maximale Jusqu’à 30 km Jusqu’à 200 km Jusqu’à 30 km
Nombre de cibles engagées simultanément 36 10 (hypersoniques) Multiples (optimisé par IA)
Menaces principales visées Avions, missiles de croisière/balistiques, drones Hypersoniques, satellites, furtifs Furtifs, drones, ASBM
Probabilité de destruction 80-90 % Plus de 90 % 85-98,5 % (mode salve)
Coût par escadron ~1,08 milliard de dollars Non dévoilé (plus élevé) ~520 millions de dollars (estimation)