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Le ministère japonais de la Défense a soumis sa demande budgétaire pour l’année fiscale 2026, intégrant des projets majeurs tels que la mise en place d’un réseau multicouche de drones pour la guerre littorale ainsi que le développement d’un missile sous-marin. La demande reflète une dynamique d’augmentation continue des budgets ces dernières années, face à la montée des tensions dans la région Indo-Pacifique.

Au cœur de cette demande se trouve le système SHIELD (Défense Littorale Synchronisée, Hybride, Intégrée et Améliorée), un dispositif de défense côtière à plusieurs couches reposant sur l’utilisation de systèmes sans équipage opérant dans différents domaines. Ce réseau comprendra diverses catégories de drones aériens lancés depuis la mer ou la terre pour accomplir des missions de reconnaissance et d’attaque à courte, moyenne et longue portée, ainsi que des véhicules de surface et submersibles sans équipage.

Le budget sollicité pour ce programme s’élève à 128,7 milliards de yens. Les systèmes embarqués devraient principalement être déployés à partir des navires de la Force d’Autodéfense Maritime japonaise (JMSDF), notamment sur la douzaine de patrouilleurs hauturiers de 1 900 tonnes actuellement en construction par le Japon.

La demande budgétaire pour l’exercice à venir inclut également l’acquisition de plusieurs équipements américains, parmi lesquels de nouveaux avions de combat de cinquième génération Lockheed Martin F-35 Lightning II et des ravitailleurs KC-46. Plus précisément, le financement porte sur l’achat de neuf F-35A à décollage et atterrissage conventionnels ainsi que de trois F-35B à décollage et atterrissage courts (STOVL), respectivement pour 138,7 milliards et 665 millions de yens.

Au total, le Japon prévoit d’acquérir 105 F-35A et 42 F-35B. Le 303e escadron de la Force d’Autodéfense Aérienne (JASDF) a récemment entamé sa transition vers le F-35A, devenant ainsi le troisième escadron équipé de cet appareil.

En parallèle, un escadron 202 sera créé pour l’introduction des F-35B, dont les premiers exemplaires sont arrivés sur le sol japonais début août. Ces appareils opéreront depuis les deux destroyers porte-hélicoptères de classe Izumo, considérés comme des porte-avions légers. Mesurant 248 mètres de long pour un déplacement dépassant 20 000 tonnes, ces navires sont en cours d’adaptation pour accueillir les F-35B. Le Izumo est dans une phase initiale de conversion et devrait reprendre bientôt du service, la transformation finale étant prévue pour l’année fiscale 2025. Le Kaga suivra en 2026.

L’introduction des F-35B répond aux menaces croissantes de la Chine, lesquelles ont entraîné une augmentation des incursions dans les eaux territoriales japonaises, notamment autour des îles disputées de Senkaku/Diaoyu, situées à environ 300 km au sud-ouest d’Okinawa. Ces tensions sont renforcées par les différends autour des îles Kouriles, situées au nord du Japon, administrées par Moscou mais revendiquées par Tokyo.

Par ailleurs, la demande inclut un budget de 912 millions de yens destiné à l’acquisition de deux ravitailleurs supplémentaires Boeing KC-46A Pegasus, ce qui portera la flotte japonaise à huit appareils. Le Département d’État américain a d’ores et déjà autorisé la vente de 13 KC-46A au Japon.

Le projet de budget soumis par le ministère de la Défense sera désormais examiné par le ministère des Finances japonais en vue de son approbation finale, dont l’annonce interviendra avec le budget national au début de l’année prochaine.