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À la suite de l’opération de haute intensité Sindoor en mai 2025, où drones et munitions rôdeuses ont joué un rôle crucial dans les frappes de précision de l’Inde contre les infrastructures terroristes au Pakistan et dans la région pakistanaise du Cachemire, l’armée de terre et l’armée de l’air indiennes ont exigé des fabricants nationaux un renforcement des composants électroniques de leurs équipements. Cette mesure vise à limiter les effets perturbateurs des systèmes de guerre électronique (GE) ennemis, qui ont été particulièrement efficaces pour neutraliser ou capturer plusieurs drones indiens durant le conflit.

Fortes des retours du champ de bataille, plusieurs fournisseurs ont déjà entamé des améliorations visant à renforcer la sécurité des systèmes, en se concentrant notamment sur les technologies anti-brouillage et sur la robustesse des liaisons de communication. Cette évolution reflète la volonté de l’Inde de développer rapidement des systèmes sans pilote autonomes et résistants à la guerre électronique, afin de s’assurer que drones et munitions rôdeuses demeurent des multiplicateurs de force dans les futurs affrontements face à des adversaires tels que le Pakistan et la Chine.

Cependant, l’opération Sindoor a également révélé des vulnérabilités face aux capacités de guerre électronique pakistanaises. Les forces pakistanaises, équipées de systèmes chinois comme le système de défense aérienne HQ-9 et des brouilleurs avancés, ont réussi à intercepter plusieurs drones indiens. Un cas marquant est celui d’une munition rôdeuse Warmate, fabriquée par WB Electronics India, capturée intacte grâce à une embuscade GE dite « soft-kill », démontrant comment le brouillage peut perturber la navigation GPS et les liaisons de contrôle.

Des débris de systèmes tels que le Nagastra-1 ont été retrouvés dans des régions comme Sialkot et Narowal, des pertes attribuées à des pannes induites par la guerre électronique en mode autonome. Selon des sources proches des autorités, les débriefings post-opération ont révélé que si les dispositifs indiens de guerre électronique développés par le DRDO et Bharat Electronics Limited (BEL) ont efficacement brouillé les radars HQ-9 pakistanais, l’inverse – à savoir les perturbations pakistanaises des électroniques de drones indiens – a mis en lumière une faille critique. Les drones opérant en environnement sans accès aux systèmes GNSS ont souffert de problèmes de navigation, de transmission vidéo en temps réel et de contrôle avec opérateur, conduisant à des abandons de mission ou à des pertes. Ce constat a poussé l’armée de terre et l’armée de l’air à exiger un durcissement immédiat des composants électroniques dans toutes les futures acquisitions et productions en cours.

Le cahier des charges des forces indiennes cible en priorité les fabricants de drones et de munitions rôdeuses, en insistant sur des améliorations électroniques destinées à contrer les menaces GE telles que le brouillage, le leurre et l’interception de signaux. Parmi les axes de travail identifiés :

  • Liaisons de communication anti-brouillage : amélioration des liaisons de données via des technologies à saut de fréquence (FHSS) et des communications satellitaires encryptées (Ku/Ka-band) pour maintenir le contrôle au-delà de la ligne de vue (BLOS) en espace aérien contesté.
  • Systèmes de navigation résistants : intégration d’odométrie visuelle-inertielle (VIO), navigation assistée par relief et autonomie pilotée par intelligence artificielle afin de réduire la dépendance au GPS et la vulnérabilité au spoofing.
  • Processeurs et capteurs durcis à bord : emploi d’électroniques militaires blindées avec calcul en périphérie (edge computing) pour l’évaluation des menaces en temps réel, limitant les perturbations dues à des impulsions GE de haute puissance.
  • Mises à jour modulaires des charges utiles et logiciels : intégration de suites anti-GE, telles que lance-leurres (chaffs) et contre-mesures électroniques actives, avec radios définies par logiciel pour une agilité fréquentielle adaptative.

Cette initiative s’appuie sur les enseignements des conflits mondiaux récents, notamment la guerre russo-ukrainienne, où des drones renforcés contre la guerre électronique, comme les systèmes FPV ukrainiens, ont fait la différence malgré un brouillage intense. En Inde, cette directive s’inscrit dans le cadre de la campagne Atmanirbhar Bharat, avec un investissement supérieur à 2 000 crores de roupies (environ 250 millions d’euros) par les membres de la Drone Federation of India (DFI) en recherche et développement pour des plateformes résilientes.