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Un chantier naval écossais pourrait bientôt étendre son rôle dans la construction navale européenne, en participant à la fabrication de nouvelles frégates pour la Suède et le Danemark, après avoir déjà conclu un contrat important avec la Norvège. Cette perspective s’inscrit dans une dynamique d’exportation maritime renforcée du Royaume-Uni et de rapprochement des liens de défense avec le Nord de l’Europe.

Le gouvernement britannique travaille actuellement sur des commandes potentielles portant sur la frégate Type 31 développée par Babcock à Rosyth, en Écosse. Selon des sources proches des négociations, Londres serait en discussions avancées avec Copenhague et Stockholm. Un représentant a qualifié l’accord avec le Danemark de « très proche, presque acquis », tandis que les échanges avec la Suède sont « très positifs », bien que plus complexes en raison d’une offre concurrente émanant de la France.

Le Danemark devrait commander trois frégates Type 31 ce mois-ci, tandis que la Suède envisagerait quatre unités, avec une décision attendue d’ici la fin de l’année. Dans les deux cas, la construction serait confiée au chantier naval Babcock à Rosyth, déjà chargé de l’assemblage de la flotte Type 31 pour la Royal Navy.

Un tournant pour le Danemark

Le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, a clairement admis une évolution par rapport à une volonté initiale de tout produire localement. Dans un entretien accordé à Berlingske Tidende, il a déclaré : « Ce sont des investissements de plusieurs milliards couronnes, et c’est pourquoi nous avons pris un peu plus de temps pour réfléchir à la manière de produire les frégates au Danemark. Cela peut se faire de plusieurs façons, mais ce qui est clair pour moi, c’est que le Danemark ne peut pas le faire seul. » Il a souligné que la coopération avec des partenaires de l’OTAN expérimentés dans la construction de frégates sera essentielle.

Par ailleurs, l’analyste danois Hans Peter Michaelsen a remis en cause la faisabilité d’un programme exclusivement national. Il a expliqué à Berlingske que, même si les chantiers locaux disposent de capacités, aucun n’a construit de bâtiment de cette taille depuis quinze ans, ce qui rend une solution internationale plus réaliste.

Un renforcement de la présence britannique en Europe du Nord

Ces nouvelles négociations interviennent après la décision de la Norvège d’acquérir au moins cinq frégates Type 26 de BAE Systems, construites à Glasgow dans le cadre du plus important marché d’armement jamais réalisé par le pays. Oslo a insisté pour que ses navires soient aussi proches que possible de ceux de la Royal Navy, afin d’assurer une coopération fluide dans l’Atlantique-Nord.

Au total, ces contrats danois et suédois potentiels confirment la position du Royaume-Uni comme fournisseur naval privilégié en Europe du Nord. Ils s’inscrivent dans la stratégie du gouvernement britannique, qui vise à utiliser l’industrie de défense comme moteur de croissance économique, tout en consolidant la puissance maritime de l’OTAN dans l’Arctique et l’Atlantique Nord.