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L’Inde intensifie la modernisation de sa flotte d’hélicoptères avec deux demandes d’information majeures visant à acquérir un total de 276 nouveaux appareils pour ses forces armées. Ces commandes concernent l’armée de terre, l’armée de l’air, la marine et la garde côtière, témoignant d’une volonté claire de renforcer ses capacités aériennes dans divers domaines d’opérations.

La première demande d’information (RFI), publiée ce mois-ci, porte sur un besoin urgent de 200 hélicoptères de reconnaissance et de surveillance (RSH) : 120 pour l’armée de terre et 80 pour l’armée de l’air. La seconde RFI, émise le 22 août, concerne 76 hélicoptères navals utilitaires (NUH), dont 51 seront destinés à la marine et 25 à la garde côtière. Ces deux initiatives mettent l’accent sur la production nationale, la maîtrise technologique ainsi que le soutien à long terme tout au long du cycle de vie, marquant une transition d’une maintenance fragmentée vers une recapitalisation systématique et structurée.

Les fabricants intéressés doivent soumettre leurs réponses à la RFI concernant les RSH avant le 18 octobre. Une demande de propositions (RFP) est attendue au début de l’année 2026, avec la signature du contrat prévue pour la mi-2027 et les premières livraisons dès 2028. Le programme des NUH suit un calendrier similaire, avec des livraisons prévues entre 2029 et 2030.

Le processus RSH respecte pour l’heure les délais annoncés. Le 22 août, une session d’échange avec les fournisseurs a permis d’introduire un nouveau concurrent : Max Aerospace & Aviation, basé à Bombay, qui propose le modèle Bell 407Xi. Ce dernier est réputé pour ses performances en environnements à haute température et pour sa modularité. L’intégration du pliage des pales et la certification pour les grandes altitudes, si elles sont confirmées, pourraient renforcer sa position face à des consortiums déjà bien implantés.

Parmi les autres candidatures attendues figurent l’Airbus H145M, proposé via une coentreprise avec Tata, le MD 530F de MD Helicopters pour des missions tactiques légères, ainsi que le Ka-226T russe. Cependant, l’avenir de ce dernier reste incertain en raison de questions non résolues concernant les prix, les compensations industrielles et la production locale.

L’armée de terre indienne cherche depuis longtemps à remplacer ses anciennes flottes de Cheetah et de Chetak, en service depuis les années 1960. Toutefois, Hindustan Aeronautics Ltd (HAL) a rencontré des difficultés à satisfaire ces besoins. Les retards accumulés sur le programme d’hélicoptère utilitaire léger (LUH), notamment dus à des problèmes liés au pilote automatique et au logiciel de contrôle de vol, ont ouvert la voie à une concurrence accrue.

Parallèlement, Max Aerospace consolide ses ambitions en signant un protocole d’entente d’une valeur de 960 millions de dollars avec le gouvernement du Maharashtra en juin. Ce partenariat prévoit la création d’une installation dédiée à l’assemblage, à la personnalisation et aux essais d’hélicoptères près de l’aéroport de Nagpur.

« Nagpur dispose d’un écosystème aérospatial solide, » a déclaré Bharat Malkani, président-directeur général de Max Aerospace. « Nos installations seront un Centre d’Excellence dédié aux plateformes à voilure tournante, axé sur l’assemblage, l’intégration et la certification. » L’usine devrait ouvrir en 2026, avec une montée en puissance de la production à grande échelle dans un délai de huit ans.

Enfin, le programme NUH, en cours de développement depuis 2014 sous diverses formes, se structure désormais de manière plus claire. Un haut responsable militaire a indiqué que cette dernière version correspond enfin aux besoins stratégiques à long terme, priorisant l’achat et la fabrication en Inde. Les exigences techniques clés incluent un train d’atterrissage pliable avec pales et roues, ainsi qu’un historique opérationnel avéré.