Le nouvel avion d’entraînement et d’attaque tchèque L-39NG semble s’imposer comme le choix privilégié de l’Armée de l’air algérienne pour renouveler sa flotte d’appareils d’entraînement. Depuis la mi-juillet, des informations indiquent que le gouvernement algérien envisage un futur achat compris entre douze et dix-huit exemplaires de l’Aero L-39NG Skyfox.
Cela signifie un remplacement des anciens L-39C Albatros et une complémentation des Yakovlev Yak-130 Mitten que la Russie livre progressivement. L’Armée de l’air algérienne bénéficie d’une longue expérience avec le L-39 Albatros, ayant opéré 54 avions de ce type pendant plus de vingt ans. Si le modèle Albatros a rempli son rôle avec satisfaction, le L-39NG représente un saut technologique significatif, avec une avionique modernisée, une cabine à affichage tête haute et un moteur plus puissant offrant une autonomie et un rayon d’action accrus.
Parmi les atouts majeurs du L-39NG, sa polyvalence est notable. En plus de sa mission principale de formation, il peut être configuré pour des opérations d’attaque au sol. Compatible avec un large éventail d’armements, incluant bombes, missiles et modules d’armes, cet appareil constitue une ressource précieuse tant pour l’entraînement que pour les missions de combat.
Un paiement « en nature » envisageable pour ce contrat algérien
L’Algérie pratique fréquemment le paiement en nature, notamment en utilisant ses ressources naturelles. En période de contraintes financières, elle propose des contreparties sous forme de contrats agroalimentaires ou énergétiques, notamment en gaz. Cette approche commerciale, bien que courante, est parfois mal perçue par les fournisseurs, expliquant en partie la réputation d’acheteur difficile qui lui est parfois attribuée.
Le L-39NG intègre des technologies modernes de production et une avionique avancée, parfaitement adaptée à la formation de pilotes destinés à piloter des avions de combat de quatrième et cinquième génération. L’avion est également conçu pour s’intégrer à un centre de simulation tactique de pointe, ce qui renforce considérablement l’efficacité de la formation dispensée aux pilotes.
Ce futur contrat, portant sur une douzaine à une vingtaine d’appareils, est crucial pour Aero Vodochody, constructeur tchèque engagé dans la modernisation du L-39. Le remplacement des L-39C Albatros par le L-39NG Skyfox s’avère logique, l’appareil étant spécifiquement conçu à cet effet. L’Armée de l’air algérienne, en pleine modernisation, vient d’accueillir son premier Sukhoi Su-34 Fullback et prépare à moyen terme l’intégration de son premier Su-57 Felon. Dans ce contexte, la revitalisation de la flotte d’entraînement est une étape essentielle pour maintenir son rang de seconde force aérienne africaine, derrière l’Égypte.
L’Aero L-39NG Skyfox est un avion d’entraînement à réaction en pleine expansion, déjà utilisé par les forces aériennes du Vietnam, de la Hongrie et de la République tchèque. Outre l’héritage du succès qu’a connu le L-39 Albatros, il bénéficie d’une avionique aux standards OTAN, ce qui séduit également plusieurs pays occidentaux.
Il peut sembler surprenant qu’Alger se tourne vers un avion « occidental » plutôt que russe. Deux raisons principales peuvent expliquer ce choix : d’une part, la Russie ne dispose pas d’un avion d’entraînement intermédiaire, qu’il soit à réaction ou à turbopropulseur, capable de rivaliser avec le L-39NG Skyfox. D’autre part, la dégradation progressive de la chaîne d’approvisionnement russe pousse même ses alliés les plus fidèles à explorer des alternatives.
Alors que le démonstrateur L-39NG effectue des essais en vol rigoureux en Algérie, l’Armée de l’air algérienne évaluera avec attention ses performances et capacités, afin de vérifier son adéquation aux besoins spécifiques de sa formation aérienne et de ses missions opérationnelles.
Arnaud