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Le gouvernement allemand a tenu, le 27 août, une réunion de cabinet exceptionnelle dirigée par le chancelier Friedrich Merz, une première depuis le 19 février 1992, soit peu après la fin de la Guerre froide. Ce rendez-vous symbolise un engagement fort envers la Bundeswehr, l’armée allemande, dans un contexte de renforcement de la sécurité nationale.

Cette réunion a principalement permis d’adopter plusieurs textes législatifs touchant à la politique militaire allemande. Parmi eux, la création d’un Conseil de sécurité nationale et le renforcement des capacités de la Bundeswehr en matière de contre-espionnage grâce à une extension des prérogatives du Militärische Abschirmdienst (MAD) et de la police militaire.

Le point central fut toutefois le projet de loi sur le service militaire volontaire, porté depuis plusieurs mois par le ministre de la Défense Boris Pistorius. Bien que ce projet ait été validé en novembre dernier, son examen au Bundestag avait été retardé en raison des remous politiques ayant conduit à la démission de l’ancien chancelier Olaf Scholz.

Cette fois, Pistorius a réussi à poser la première pierre de ce service militaire volontaire qu’il juge indispensable face aux difficultés de recrutement rencontrées par la Bundeswehr. Les forces armées allemandes visent en effet à atteindre un effectif d’au moins 260 000 soldats d’ici 2030, chiffre qui pourrait grimper à 460 000 en incluant les réservistes.

Selon les dernières statistiques du ministère de la Défense, entre le 1er janvier et le 21 juillet, le nombre de recrues de la Bundeswehr a progressé de 28 % par rapport à la même période de l’année précédente. Néanmoins, après prise en compte des départs et des fins de contrat, les effectifs ont augmenté de seulement 2 000 personnels, un chiffre encore insuffisant pour les besoins futurs.

Concrètement, à partir de 2026, un questionnaire sous forme de code QR sera envoyé à tous les jeunes Allemands âgés de 18 à 25 ans. Pour les hommes, le remplissage de ce formulaire sera obligatoire, avec pour objectif de recueillir leur disposition à effectuer un service militaire d’au moins six mois. Des incitations, notamment financières, sont prévues, la presse allemande évoquant un salaire net d’environ 2 300 euros.

Pour des raisons juridiques, la réponse au questionnaire restera facultative pour les femmes.

À compter du 1er juillet 2027, tous les hommes nés en 2008 devront également se soumettre à un examen médical obligatoire, même sans volontariat, afin d’établir un « inventaire » de santé pour cette classe d’âge susceptible d’être appelée sous les drapeaux.

Malgré ces contraintes, Boris Pistorius s’est déclaré « très confiant » dans la réussite de ce service volontaire, avec un objectif de recrutement de 20 000 personnes dès l’année suivante, selon les documents budgétaires de son ministère.

Cependant, la loi prévoit une mesure de repli : si les recrutements volontaires ne suffisent pas à combler les besoins, le gouvernement pourra, avec l’accord du Bundestag, rétablir le service militaire obligatoire.

« Si la situation de la politique de défense l’exige, le gouvernement fédéral doit avoir la possibilité d’émettre une ordonnance, après approbation du Bundestag, pour réintroduire le service militaire de base », a précisé le ministère de la Défense dans un communiqué.

Le projet de loi doit maintenant être soumis au vote des députés, avec de fortes probabilités d’amendements, notamment sous la pression des parlementaires du Parti chrétien-démocrate (CDU/CSU) qui plaident pour un rétablissement automatique du service obligatoire en cas de défaillance de la Bundeswehr dans ses objectifs de recrutement.