Hindustan Aeronautics Limited (HAL) relance son programme d’exportation pour l’avion de combat léger (LCA) Tejas Mk1A, grâce à l’engagement de General Electric (GE) Aerospace d’accélérer la production des moteurs F404-IN20. Après un retard de deux ans dans les livraisons qui avait freiné à la fois la production domestique et les négociations à l’export, le calendrier révisé de GE – 12 moteurs d’ici décembre 2025, puis 20 par an à partir de 2026 – redonne confiance à HAL pour honorer les commandes de l’Indian Air Force (IAF) tout en explorant les marchés internationaux.
Avec un contrat existant pour 83 appareils et un accord de principe pour 97 supplémentaires, la capacité de production renforcée de HAL et la stabilisation de l’approvisionnement en moteurs devraient positionner le Tejas Mk1A comme une option compétitive à l’échelle mondiale, soutenant ainsi les ambitions de l’Inde sur le marché de la défense.
Le Tejas Mk1A, chasseur monomoteur de génération 4,5, équipé d’avionique avancée, d’un radar à balayage électronique actif (AESA) et de systèmes de guerre électronique améliorés, utilise le moteur GE F404-IN20, offrant une poussée de 84 kN avec postcombustion. La conception du moteur, avec son ventilateur à haut débit et ses turbines à cristal unique, garantit des performances robustes adaptées aux conditions climatiques variées de l’Inde, faisant de ce moteur un élément clé du programme Tejas. Cependant, l’absence de commandes entre 2016 et 2021, ainsi que les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales liées à la pandémie de COVID-19, ont conduit à la fermeture temporaire de la ligne de production du F404-IN20, retardant les livraisons initialement prévues pour mars 2023.
Le premier moteur a finalement été livré le 25 mars 2025, suivi d’un second le 13 juillet 2025. GE s’est engagé à fournir deux moteurs par mois à partir de juillet 2025, soit 12 unités d’ici la fin de l’année. À partir de 2026, l’objectif est de monter à 20 moteurs annuels, tandis que HAL réclame une augmentation à 30 moteurs par an dès 2027 pour soutenir la commande totale de 180 appareils (83 + 97 jets) ainsi que les potentielles ventes à l’export. Cette stabilisation dissipe les inquiétudes sur d’éventuels goulets d’étranglement dans la production, permettant à HAL de se concentrer à la fois sur les besoins de l’IAF et sur son développement à l’international.
La décision de HAL de renoncer aux pénalités financières prévues contractuellement liées aux retards de GE souligne l’importance stratégique de leur partenariat de longue date, en place depuis plus de 40 ans. Les deux parties prévoient notamment une coproduction du moteur plus avancé F414 pour le LCA Mk2 et l’Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA), avec un accord de transfert technologique fixé à 80 % signé en 2023. Cette collaboration pérenne garantit un approvisionnement moteur fiable, essentiel pour maintenir la production et soutenir les ambitions d’exportation.
Le coût compétitif du Tejas Mk1A – environ 40 à 50 millions de dollars par unité, contre 70 à 100 millions pour des équivalents occidentaux comme le F-16 ou le Gripen – associé à ses capacités multirôles, suscite l’intérêt de plusieurs pays, notamment l’Argentine, l’Égypte, le Nigeria et les Philippines. Toutefois, les contraintes d’approvisionnement en moteurs avaient conduit HAL à suspendre les négociations à l’export afin de privilégier les livraisons à l’IAF, confrontée à une diminution de ses effectifs en escadrilles (31 sur 42,5 prévues). Depuis août 2025, un regain d’optimisme se manifeste, grâce à l’accélération des livraisons du F404 et à la commande de 97 avions supplémentaires, signes d’une chaîne de production robuste permettant à HAL de reprendre contact avec des acheteurs potentiels.
Le programme d’exportation présenté lors d’Aero India 2025 cible principalement des pays en quête d’avions performants et abordables pour remplacer des flottes vieillissantes telles que les MiG-21 ou F-5. La capacité du Tejas Mk1A à utiliser des armes indigènes performantes comme le missile Beyond Visual Range Astra, son faible coût d’entretien et sa compatibilité avec les systèmes standards OTAN en font une solution attrayante. HAL confirme ainsi que la stabilisation de l’approvisionnement en moteurs à partir de 2026 permettra de satisfaire les commandes à l’export sans compromettre les engagements envers l’IAF.