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General Atomics Aeronautical Systems, Inc. (GA-ASI), fort d’un contrat majeur de 3,5 milliards de dollars pour la fourniture de 31 drones MQ-9B SkyGuardian et SeaGuardian aux trois armées indiennes, propose désormais son avion de combat collaboratif avancé YFQ-42A à l’Indian Air Force (IAF). Selon des sources proches du dossier, GA-ASI souhaite étendre sa coopération avec l’Inde en offrant des variantes du YFQ-42A, une plateforme sans pilote propulsée par réacteur conçue pour le travail en équipe homme-machine (MUM-T) dans le cadre du programme CCA (Collaborative Combat Aircraft) de l’US Air Force (USAF). Bien que développé initialement pour l’USAF, ce drone pourrait renforcer les capacités de supériorité aérienne et polyvalentes de l’IAF, en phase avec la volonté indienne de systèmes de défense avancés, indigènes et interopérables inscrite dans l’initiative Atmanirbhar Bharat.

Le YFQ-42A est le troisième drone à propulsion jet développé par GA-ASI, après le MQ-20 Avenger et le XQ-67A Off-Board Sensing Station (OBSS). Désigné par l’USAF en mars 2025, il fait partie de l’Increment 1 du programme CCA, aux côtés du YFQ-44A d’Anduril, et vise à soutenir les chasseurs pilotés comme le F-22 Raptor, le F-35 Lightning et les futurs NGAD (Next Generation Air Dominance). Son premier vol est prévu pour fin 2025. Le YFQ-42A s’appuie sur les tests réalisés en 2024 par le XQ-67A et adopte une architecture modulaire dite « genre/espèce », empruntée à l’industrie automobile, afin de réduire les coûts et accélérer la production.

Principales caractéristiques du YFQ-42A :

  • Conception furtive : Inspiré du XQ-67A, le YFQ-42A possède une prise d’air moteur arrondie, des ailes fines, des empennages en V et une soute interne à armement visant à minimiser sa signature radar, le rendant adapté aux environnements à menace élevée.
  • Polyvalence opérationnelle : La plateforme peut accomplir des missions air-air, guerre électronique (EW), renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR) ainsi que des frappes de précision, agissant en « ailier fidèle » aux côtés d’appareils pilotés. Il emporte missiles, capteurs ou charges logistiques selon les besoins tactiques.
  • Fonctionnement autonome : Doté d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique avancés, le YFQ-42A s’intègre fluidement avec les chasseurs pilotés pour offrir une masse de combat évolutive à un coût inférieur à celui des avions traditionnels.
  • Architecture modulaire : Grâce au châssis commun Gambit, qui comprend train d’atterrissage, avionique et commandes de vol, la plateforme peut être rapidement adaptée à des rôles spécifiques, réduisant délais et coûts de développement.

David R. Alexander, président de GA-ASI, a souligné : « Le YFQ-42A illustre notre partenariat de longue date avec l’US Air Force dans le domaine de l’aviation de combat sans pilote et nous sommes impatients d’en explorer le potentiel avec des alliés comme l’Inde. »

Cette proposition intervient après le succès de GA-ASI dans la commande de 31 drones MQ-9B pour l’Inde — 15 SeaGuardians pour la Marine indienne, et huit SkyGuardians chacun pour l’Armée de Terre et l’IAF — dans le cadre d’un contrat Foreign Military Sales (FMS) de 3,5 milliards de dollars signé en octobre 2024. Les livraisons commenceront en janvier 2029 avec 21 unités assemblées en Inde par des partenaires tels que Bharat Forge, Hindustan Aeronautics Limited (HAL) et Bharat Electronics Limited (BEL), intégrant 34 % de composants indigènes. Parallèlement, un contrat d’environ 4 000 crores INR prévoit un centre de maintenance, réparation et révision (MRO) de niveau dépôt en Inde, avec GA-ASI offrant également son expertise au DRDO pour le développement de drones indigènes.

Cette transaction multibranches fait de l’Inde le premier opérateur mondial de MQ-9B et a renforcé les liens de défense indo-américains, ouvrant la voie à une coopération élargie. Les capacités du MQ-9B, avec une endurance de 40 heures, un plafond opérationnel de 15 000 mètres, et la capacité de porter 170 missiles AGM-114 Hellfire et 310 bombes planantes GBU-39, améliorent sensiblement les missions ISR et de frappe dans la région de l’océan Indien (IOR) et le long de la Ligne de Contrôle Réel (LAC). La proposition du YFQ-42A s’inscrit dans cette dynamique en introduisant des systèmes de combat sans pilote de nouvelle génération, en appui au programme de modernisation de l’IAF visant à intégrer 350 avions d’ici 2035, comprenant 120 Tejas Mk2 et 160 jets AMCA.

Bien que conçu avant tout pour l’USAF, GA-ASI envisage des versions adaptées aux besoins spécifiques de l’Inde, dont les détails restent pour l’instant confidentiels. L’IAF s’est montrée intéressée par le concept d’« ailier fidèle », qui permet à des drones de combattants autonomes d’opérer en coordination avec des chasseurs pilotés tels que le Tejas, le Rafale ou le Su-30 MKI. Les qualités furtives, autonomes et multifonctionnelles du YFQ-42A pourraient combler des lacunes opérationnelles majeures :

Supériorité aérienne : Ce drone peut engager des adversaires ou jouer un rôle de leurre dans des espaces aériens contestés, réduisant les risques pour les pilotes et renforçant l’efficacité de l’IAF face à des appareils comme le J-20 chinois ou le JF-17 pakistanais.

Renseignement, surveillance et guerre électronique : Équipé de capteurs avancés et de suites EW, le YFQ-42A peut étendre la vigilance de l’IAF le long du LAC, en complément des capacités ISR du MQ-9B.

Masse de combat économique : Offrant un coût nettement inférieur à celui des chasseurs pilotés (estimé entre 20 et 30 millions de dollars l’unité contre 40 à 50 millions pour le Tejas Mk1A), il constitue une solution abordable pour augmenter la masse opérationnelle de l’IAF, qui compte actuellement 29 escadrons pour une cible de 42.

La modularité de la série Gambit pourrait permettre à l’Inde d’intégrer des systèmes indigènes comme le radar AESA Uttam ou le missile Astra, facilitant l’interopérabilité avec les programmes Tejas et AMCA. L’offre de GA-ASI d’accompagner le développement local de drones, à l’instar de son implication dans le projet MQ-9B, laisse entrevoir des transferts de technologies ou une co-production, en parfaite cohérence avec les objectifs d’autonomie stratégique de l’Inde.