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<pDans une démarche déterminante pour renforcer ses capacités de frappe de précision à longue portée, l’Armée de l’air indienne (IAF) prévoit d’acquérir plusieurs centaines de missiles de croisière tactiques légers Wind Demon auprès d’Israel Aerospace Industries (IAI), tout en augmentant ses stocks de missiles balistiques aéroportés Rampage. Ces achats, rapportés par des sources militaires et relayés sur la plateforme X, illustrent l’orientation stratégique de l’Inde vers des armements stand-off avancés capables de neutraliser des cibles à haute valeur (HVT), notamment les dirigeants ennemis, profondément dans des territoires contestés.

Le Wind Demon, dévoilé par IAI lors du salon aéronautique international de Farnborough 2024, est un missile de croisière air-sol de nouvelle génération conçu pour des frappes de précision contre des cibles prioritaires. Pesant environ 140 kg et disposant d’une portée supérieure à 200 km, ce missile est adaptable à plusieurs plateformes, incluant les chasseurs de l’IAF tels que le Rafale, le Su-30 MKI et le Tejas, ainsi que les hélicoptères d’attaque. Ses caractéristiques avancées comprennent un chercheur laser, des systèmes électro-optiques opérationnels de jour comme de nuit, ainsi qu’une reconnaissance automatique de cible, garantissant une précision exceptionnelle avec un cercle d’erreur probable (CEP) d’un mètre seulement. Sa charge militaire de 20 kg peut être configurée pour l’explosion, la fragmentation ou la pénétration, rendant ce missile polyvalent pour frapper bunkers renforcés, véhicules mobiles ou centres de commandement.

Le profil de vol à basse altitude du Wind Demon limite sa détection par les défenses aériennes ennemies, tandis que sa capacité « man-in-the-loop » permet un ajustement en temps réel de la cible, offrant à l’opérateur la possibilité de rediriger ou d’interrompre l’attaque si nécessaire. Ses profils de vitesse sélectionnables — allant d’attaques à grande vitesse à des approches discrètes et lentes — optimisent son efficacité dans des scénarios de guerre complexes. IAI présente le Wind Demon comme une solution économique, avec un faible coût par impact, répondant ainsi à la demande croissante de munitions de précision abordables dans les conflits contemporains, comme l’ont démontré les affrontements en Ukraine et à Gaza.

L’intérêt de l’IAF pour le Wind Demon s’inscrit dans la continuité du succès confirmé du missile Rampage. Ce dernier, un missile balistique aéroporté supersonique de 250 km de portée, a joué un rôle clé lors de l’opération Sindoor. Lancée en représailles à une attaque terroriste soutenue par le Pakistan à Pahalgam, dans la région du Jammu-et-Cachemire, cette opération a permis à l’IAF de frapper 13 bases aériennes pakistanaises, détruisant des actifs critiques, y compris un avion radar Saab 2000 Erieye AWACS, trois chasseurs F-16 ainsi que des drones MALE d’origine chinoise. La capacité du Rampage à délivrer des frappes de haute précision depuis des distances sécurisées, en dehors des réseaux de défense ennemis, a impressionné les planificateurs indiens, qui ont décidé d’accroître leurs réserves tout en explorant des options plus sophistiquées comme le Wind Demon.

La spécialisation du Wind Demon dans la neutralisation de cibles à haute valeur, y compris la hiérarchie ennemie, comble une lacune importante dans l’arsenal indien. Lors de l’opération Sindoor, l’IAF a démontré son aptitude à détruire des cibles fixes telles que des bases aériennes et leurs installations techniques. Toutefois, engager des cibles mobiles ou sensibles dans le temps, comme des chefs terroristes ou des commandants militaires, requiert des munitions offrant adaptabilité et précision en temps réel — des qualités que le Wind Demon maîtrise parfaitement. Sa capacité à opérer dans des environnements privé de GPS et à échapper aux réseaux de défense aérienne denses en fait un choix idéal pour des frappes en profondeur dans les territoires adverses, particulièrement contre les infrastructures fortifiées pakistanaises ou les défenses étagées chinoises le long de la Ligne de Contrôle Réel (LAC).