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La Pologne a finalisé un accord avec le gouvernement des États-Unis pour moderniser l’intégralité de sa flotte actuelle de F-16. Ce contrat, dont le coût devrait dépasser les 3 milliards de dollars, sera exécuté par Lockheed Martin, maître d’œuvre principal, en coopération avec l’industrie de défense polonaise.

Le F-16 Fighting Falcon a fait l’objet d’une attention médiatique accrue ces dernières années, notamment à la suite des demandes répétées de l’Ukraine souhaitant opérer ces avions de quatrième génération dans le cadre du conflit en cours avec la Russie. Si le F-16 peut sembler obsolète, les différents programmes de modernisation lui confèrent une pertinence accrue dans le contexte aérien actuel.

En annonçant ce nouvel accord, le vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale polonais, Władysław Kosiniak-Kamysz, a souligné l’importance de disposer de variantes améliorées du F-16 : « Les pilotes polonais adorent cet avion [F-16] et en sont fiers ; nous avons déjà plusieurs générations d’équipages formés. Les capacités actuelles des versions C/D du F-16 sont bonnes, mais après 20 ans, elles ne suffisent plus à faire face aux menaces. Nous devons renforcer les capacités de reconnaissance, les communications, l’intégration avec le F-35, l’Abrams et l’Apache, ainsi que la possibilité d’opérer dans tous les environnements ».

Il a ajouté : « La modernisation permettra la transition des blocs 52 C/D vers le bloc 72 du F-16V, le même standard que celui choisi, entre autres, par la Slovaquie pour son appareil le plus récent ».

Le programme de modernisation prévoit notamment l’intégration de :

  • Radar à balayage électronique actif à faisceau adaptatif APG-83
  • Écran central en position de relève à haute résolution
  • Ordinateur de mission amélioré et nouveau générateur d’affichage

Les mises à jour complémentaires comprennent :

  • Dispositifs avancés montés sur casque
  • Améliorations de la guerre électronique
  • Module de désignation avancée Sniper avec interface vidéo numérique
  • Système automatique d’évitement des collisions au sol
  • Modifications structurelles augmentant la durée de vie des appareils à 12 000 heures de vol

Le contrat inclut également des mises à jour des simulateurs de vol. Il s’appuie sur un partenariat de 20 ans entre Lockheed Martin et l’Armée de l’Air polonaise, en cohérence avec la feuille de route de modernisation à long terme de la défense nationale.

Retour sur le F-16 Fighting Falcon

Le F-16 a été pendant près de quarante ans un pilier de l’US Air Force. Conçu après la guerre du Vietnam, ce chasseur a été développé comme une plateforme de supériorité aérienne.

Conçu au début des années 1970, suite aux besoins exprimés par l’armée de l’air américaine pour un avion de chasse léger capable de performances élevées en vitesse et altitude, le prototype de General Dynamics s’est imposé lors de la sélection, donnant naissance au YF-16. Le F-16 fut aussi le premier avion à réaction à intégrer la théorie novatrice de la maniabilité énergétique en combat aérien.

Cette théorie, développée dans les années 1960 par le colonel John Boyd et le mathématicien Thomas Christie, visait à optimiser les capacités de combat rapproché en minimisant la perte d’énergie lors des manœuvres.

Outre sa maniabilité, le F-16 disposait d’une autonomie supérieure à celle de ses concurrents à son entrée en service grâce à son rayon d’action. En matière d’armement, le Fighting Falcon offrait une grande polyvalence avec neuf points d’accrochage pour une variété de missiles air-air comme les AIM-9 Sidewinder, AMRAAM, Sparrow ainsi que des missiles air-sol tels que les Shrike, HARM et Maverick.

Le bilan opérationnel du F-16 confirme sa réputation d’avion redoutable. Utilisé lors de l’opération Allied Force et des campagnes contre l’État islamique au début des années 2000, il a mené d’importantes missions de suppression des défenses aériennes ennemies ainsi que des opérations de défense offensive et défensive.

Le souhait de Varsovie de moderniser ses F-16 pour renforcer sa défense aérienne est donc une décision stratégique cohérente, notamment compte tenu de sa proximité géographique avec la Russie.

Maya Carlin