Article de 625 mots ⏱️ 3 min de lecture

Le commandement de l’Air Force chargé de l’exploitation et de la protection des armes nucléaires a remis en service les pistolets M18 auprès de ses Forces de sécurité et autres personnels, un mois après qu’un tir accidentel provenant de l’une de ces armes a causé la mort d’un aviateur sur une base nucléaire dans le Wyoming.

Sur près de 8 000 pistolets inspectés, un peu moins de 200 ont montré des signes d’usure sur des mécanismes de tir essentiels, sans qu’aucun dysfonctionnement grave ne soit constaté. Le M18, ainsi qu’une version légèrement plus grande appelée M17, constituent les pistolets standards distribués au sein du Département de la Défense.

« Air Force Global Strike Command a mené une inspection complète de ses 7 970 systèmes de pistolets modulaires M18 », a indiqué un communiqué de l’Air Force. Ce pistolet, fabriqué par Sig Sauer, avait été suspendu dans l’ensemble du commandement dès le 21 juillet, suite au décès de Brayden Lovan, 21 ans, membre des Forces de sécurité, victime d’un tir d’un M18 à la base aérienne F.E. Warren dans le Wyoming.

Initialement, la mort de Lovan avait été qualifiée d’accident dans lequel son pistolet aurait tiré de manière involontaire. Air Force Global Strike Command avait retiré ces armes de leur emploi peu après, suivi par d’autres directions de l’Air Force, bien que l’arme n’ait pas été suspendue dans l’ensemble des forces américaines, ni par l’Armée de Terre, ni par la Marine ou le Corps des Marines.

Par ailleurs, un autre aviateur a depuis été arrêté et inculpé pour avoir fait une fausse déclaration officielle, entrave à la justice et homicide involontaire dans cette affaire.

« L’examen des tirs au sein de l’Air Force Global Strike Command a révélé qu’aucun incident n’était imputable à un défaut technique des armes », a précisé le commandement lors de l’annonce du retour des pistolets en service.

Le Global Strike Command est la seule branche de l’Air Force responsable de la gestion des armes nucléaires et maintient des niveaux de sécurité extrêmement élevés dans les installations concernées. Les bases nucléaires disposent d’équipes de sécurité spécialement formées, armées en permanence pour protéger ces arsenaux. Ce commandement assure aussi la sécurité du National Airborne Operations Center, embarqué à bord de l’E-4B Nightwatch, surnommé le « Doomsday plane ».

Tous ces personnels sont armés durant leur service, portant généralement le M18 ou le M17, ce dernier étant un pistolet mécaniquement identique mais de taille légèrement supérieure.

« Il est primordial que nos aviateurs aient confiance en leurs systèmes d’armes, » a souligné le général Thomas Bussiere, commandant d’Air Force Global Strike Command. « Cette inspection approfondie garantit que les M18 en inventory sont en parfait état de fonctionnement, offrant à nos Défenseurs des systèmes sûrs, fiables et efficaces pour accomplir leur mission. »

Selon le communiqué, l’inspection a relevé 191 armes présentant des « anomalies ».

« Le principal problème concernait l’usure de certains composants », précise le commandement. « Les anomalies les plus courantes se situaient au niveau du levier de sécurité, de l’ensemble percuteur et du mécanisme de détente. Les armes présentant ces défauts ont immédiatement été identifiées et sont en cours de réparation. »

L’inspection a également collecté des données sur l’utilisation réelle des M18 afin de mieux contextualiser ces problèmes mécaniques.