Article de 1059 mots ⏱️ 5 min de lecture

Près de 100 Marines américains vont débarquer en Normandie le mois prochain en hommage aux troupes alliées qui ont débarqué il y a 80 ans dans l’une des batailles les plus décisives de la Seconde Guerre mondiale.

Le 6 juin 1944, les États-Unis et d’autres alliés occidentaux ont lancé leur offensive sur les plages de Normandie pour initier la libération de l’Europe occupée par les nazis. La résistance allemande fut particulièrement intense sur la plage d’Omaha, où les forces américaines enregistrèrent 3 600 pertes, dont 770 tués. Cependant, les Alliés réussirent à établir un point d’appui sur le continent, point de départ d’une avancée qui les conduira jusqu’en Allemagne.

Les débarquements de Normandie font partie des opérations les plus emblématiques de l’histoire militaire américaine. Pour commémorer leur 80e anniversaire, des Marines américains et des soldats français vont effectuer un débarquement amphibie sur Omaha la semaine prochaine, après une invitation du gouvernement français. Par ailleurs, l’armée de terre américaine, qui avait constitué la majorité des forces américaines en 1944, envoie des parachutistes pour participer à d’autres cérémonies, notamment une descente en parachute.

Les Marines et les troupes françaises mèneront les débarquements amphibies sur les plages d’Omaha et d’Utah le 4 juin, ainsi que sur Sword Beach le 5 juin, a précisé le lieutenant-colonel Antony Andrious, porte-parole des forces des Marines en Europe et en Afrique.

Le 6 juin, les forces armées françaises présenteront une démonstration statique près d’Omaha Beach, incluant un drone, six appareils à voilure tournante, un engin de débarquement ainsi qu’un peloton de soldats français, a ajouté le lieutenant-colonel Andrious.

Les Marines et marins participant au débarquement en Normandie débarqueront depuis le navire de débarquement USS Oak Hill, embarqué actuellement avec la 24e unité expéditionnaire de Marines, a indiqué le capitaine Clayton Doss, porte-parole des forces navales américaines en Europe et en Afrique. Ils accosteront à l’aide de bateaux de débarquement utilitaires.

Plus de 300 marins du croiseur USS Normandy participent également aux cérémonies marquant le 80e anniversaire du Débarquement, a déclaré Clayton Doss.

« Les marins et Marines de la marine américaine sont impatients de commémorer l’anniversaire des 80 ans de l’Opération Overlord (le Débarquement) aux côtés de leurs homologues français la semaine prochaine », a affirmé Clayton Doss. « Le débarquement sur Omaha Beach perpétue l’héritage du Jour J, démontrant qu’aujourd’hui encore, les forces alliées et partenaires peuvent être déployées partout et à tout moment pour promouvoir la paix et la sécurité. »

Les quelque 100 soldats français participant aux débarquements amphibies proviendront du porte-hélicoptères amphibie Mistral, a précisé le capitaine Doss.

Au total, 1 200 militaires américains issus de unités stationnées en Europe, ainsi que 15 unités historiques basées aux États-Unis continentaux, participent aux cérémonies, a indiqué Terry Welch, porte-parole de l’armée américaine en Europe et en Afrique (USAREUR-AF).

Ces commémorations offrent une opportunité de mettre en lumière certaines des unités américaines actuellement déployées en Europe pour défendre chaque centimètre du territoire de l’OTAN, a souligné le colonel Martin L. O’Donnell, porte-parole de l’USAREUR-AF.

« Le lien entre les États-Unis et l’Europe témoigne de la force durable de notre Alliance », a déclaré le général Darryl A. Williams, commandant de l’USAREUR-AF. « Quatre-vingts ans après le Jour J, notre détermination collective reste inébranlable, renforcée par des décennies de défense constante. Alors que nous avançons en nous adaptant et en renforçant notre posture de dissuasion et de défense, restons unis et fermes face à toute menace pouvant compromettre la paix et la sécurité durement obtenues sur ce continent et au-delà. »

En parallèle des débarquements, des soldats américains des 82e et 101e divisions aéroportées rendront hommage au rôle crucial des parachutistes lors du Jour J. En 1944, avant les débarquements, des milliers de soldats américains furent largués en parachute ou en planeur en France pour préparer l’assaut amphibie massif.

« Le 6 juin 1944, notre division a fait irruption sur la scène mondiale en parachutant en Normandie, ouvrant la voie à l’invasion de l’Europe de l’Ouest et marquant le début de l’assaut allié contre l’Allemagne nazie », a rappelé le lieutenant-colonel Tony Hoefler, porte-parole de la 101e division aéroportée (assaut aérien). « Aujourd’hui, 80 ans plus tard, la 101e division est devenue une division d’assaut aérien qui continue de contribuer à la sécurité en Europe. »

Le 2 juin, des soldats du 3e groupe de combat de brigade de la 101e division, surnommés les Rakkasans, effectueront une démonstration d’assaut aérien à Carentan, dans l’ouest de la France. Cette unité est actuellement déployée en Europe de l’Est, a précisé Hoefler.

« Cette démonstration illustre la capacité de la division à projeter un groupe de combat composé d’une brigade à 500 milles nautiques en une seule période d’obscurité, au moment et à l’endroit choisis par le commandant des forces », a expliqué Hoefler. « Le public mondial présent en Normandie pour commémorer le 80e anniversaire du Débarquement pourra ainsi assister à cette démonstration. »

Lors des cérémonies de clôture, environ 130 soldats de la 82e division aéroportée participeront à un saut en parachute en hommage aux parachutistes alliés largués en France avant les débarquements, a indiqué le lieutenant-colonel César Santiago, porte-parole de la division.

« En juin 1944, la France était occupée depuis quatre ans par les nazis », a rappelé Santiago. « Aujourd’hui, 80 ans plus tard, nous commémorons les 23 000 parachutistes alliés qui ont percé le Mur de l’Atlantique lors du Jour J pour soutenir l’assaut sur les plages de Normandie. Nos ancêtres parachutistes de la 82e division ont établi une norme remarquable de courage et de conviction que nos parachutistes perpétuent encore aujourd’hui. »