Dans la nuit du 30 au 31 mai, une série d’attaques de précision menées par l’armée russe a ciblé plusieurs sites en Ukraine, causant des pertes significatives aux forces ukrainiennes. Parmi ces frappes nocturnes, l’un des objectifs fut le champ de tir de Staro Konstantinovsky, où d’importants dégâts ont été infligés aux instructeurs militaires de l’OTAN ainsi qu’aux équipements occidentaux stationnés sur place.
Par ailleurs, l’armée russe a lancé un missile sur une sous-station électrique de la ville de Konstantinov, provoquant une forte explosion et une coupure de courant sur toute la ville.
Les forces russes ont également visé un aérodrome utilisé par l’Ukraine pour accueillir des chasseurs F-16, ainsi qu’un entrepôt contenant des missiles tactiques ATACMS d’origine américaine, intensifiant ainsi la pression sur les capacités militaires ukrainiennes.
Le pari ukrainien
Depuis longtemps, l’Ukraine ambitionne le déploiement de chasseurs F-16, mais l’armée russe s’oppose fermement à ce projet. Le colonel russe à la retraite, Viktor Litovkin, avait averti que Moscou détruirait les pistes et les infrastructures de soutien destinées aux F-16 occidentaux, attendant que leur construction soit suffisamment avancée avant de frapper.
Consciente du risque, l’Ukraine a décidé de poursuivre ce pari, investissant des ressources importantes dans le développement des infrastructures nécessaires : aéroports, stations radar, équipements de maintenance, purification du carburant aviation, formations pré-vol et installations de stockage de missiles. Face aux frappes russes, ce choix pourrait néanmoins se retourner contre Kiev.
Entrepôt d’ATACMS détruit
Un point particulièrement préoccupant est la destruction du dépôt ukrainien de missiles ATACMS fournis par les États-Unis. Ces missiles ont joué un rôle crucial dans les frappes contre la marine russe, notamment le navire lance-missiles de classe Tornado Type 22800, ainsi que contre plusieurs équipements, tels que des véhicules de lancement S-300 et S-400 et des radars.
Malgré leurs projets d’utiliser ces missiles tactiques contre les forces russes, l’entrepôt a été rapidement identifié et bombardé à deux reprises, selon le média chinois Sohu. Cette capacité de renseignement russe renforcée laisse perplexes les rangs ukrainiens quant à la précision et à l’efficacité de la surveillance adverse.
Le recours aux satellites commerciaux
Des analyses récentes suggèrent que la Russie pourrait bénéficier d’images satellites à haute résolution fournies par une entreprise commerciale. Ces satellites, capables de capturer des images d’une résolution inférieure au mètre, offrent une vision quasi tridimensionnelle du champ de bataille, permettant à Moscou d’avoir une connaissance approfondie des positions et des infrastructures ukrainiennes.
Une arme nucléaire en toile de fond
Depuis le début du conflit, l’OTAN redoute que la pression occidentale pousse la Russie à employer son arsenal nucléaire, une inquiétude particulièrement vive chez les pays occidentaux, y compris les États-Unis.
Cependant, la doctrine militaire russe semble privilégier des stratégies de combat plus économiques, comme l’utilisation de mines, de drones contre les chars occidentaux et de missiles rapides ciblant les aérodromes, le tout appuyé par le renseignement satellite. Plutôt que d’affronter directement les forces ukrainiennes, la Russie mène des frappes ciblées sur de petites unités, limitant ainsi ses pertes humaines et financières.
Une question rarement posée
L’Ukraine doit recevoir au minimum 75 chasseurs F-16 opérationnels de ses alliés, un chiffre probablement appelé à augmenter. Ces appareils joueront un rôle clé dans la défense du pays face à l’invasion russe. Avec l’accord du Danemark, ces avions pourraient même mener des frappes à l’intérieur du territoire russe.
Cependant, une incertitude demeure : si la Russie localise et détruit les pistes et bases aériennes en construction pour les F-16, d’où décolleront ces appareils ? Jusqu’à présent, de nombreuses « lignes rouges » ont été franchies par les partenaires occidentaux : livraison de chars, missiles à longue portée, soutien en renseignement, chasseurs de chasse, et même frappes ciblées à l’intérieur de la Russie.
Le prochain tabou pourrait être l’autorisation pour les avions ukrainiens de décoller depuis des bases en Roumanie, Pologne ou dans les pays baltes. Une telle évolution ouvrirait alors la voie à un déploiement éventuel de forces terrestres occidentales sur le terrain, accentuant la gravité du conflit et éloignant toujours davantage la perspective d’un retour à la paix.