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Les États-Unis ont officiellement autorisé l’Ukraine à utiliser des systèmes d’armes américains contre des cibles situées sur le territoire russe afin de défendre la région de Kharkiv. Parallèlement, un bombardement qualifié d’acte terroriste a frappé la ville, faisant au moins cinq morts et vingt-cinq blessés. Un oléoduc russe proche du détroit de Kertch a également été visé par une frappe nocturne, provoquant un incendie, tandis que plusieurs drones ukrainiens ont été observés en profondeur sur le sol russe. Les forces russes ont subi de lourdes pertes ces dernières 24 heures.

Le gouvernement américain, sous la présidence Biden, a autorisé l’Ukraine à riposter contre des infrastructures militaires russes en utilisant des armes américaines, notamment dans la défense de Kharkiv. Cette décision permet notamment de contre-attaquer les systèmes russes S-300 et S-400 qui bombardent Kharkiv de façon presque ininterrompue depuis plus de deux ans, ainsi que d’abattre les avions russes larguant des bombes guidées sur la région. L’armée ukrainienne peut désormais engager des tirs contre l’artillerie lourde russe positionnée en territoire russe, qui appuie les offensives autour du front nord de Kharkiv.

Selon Euromaidan Press, l’armée ukrainienne aurait déclenché une contre-offensive dans la ville de Vovchansk, bien que cette information n’ait pas été encore confirmée par d’autres sources militaires.

Les forces ukrainiennes déployées dans la région seraient environ 38 000, contre 14 000 soldats russes. L’avancée russe dans cette zone est désormais au point mort, leur offensive ayant rencontré des défenses ukrainiennes solides, ce qui augure mal pour leur capacité à maintenir leur position.

Une vidéo rend compte de l’abandon d’un char russe T-90 coincé dans une zone accidentée, vraisemblablement sur le front de Chasiv Yar. Seuls deux membres d’équipage ont évacué le véhicule, alors que ce type de blindé requiert normalement trois soldats. Ce constat témoigne des difficultés russes à recruter et former suffisamment de personnels qualifiés, même pour leurs équipements les plus modernes, une situation aggravant la baisse de leurs capacités opérationnelles.

Dans la nuit, Kharkiv a de nouveau été la cible d’un bombardement russe qualifié d’acte terroriste, causant la mort d’au moins cinq civils et en blessant une vingtaine d’autres. Un immeuble résidentiel a été touché, et le bilan humain pourrait encore s’alourdir lors des opérations de secours. Cette attaque a notamment utilisé une tactique dite de double tap, consistant à bombarder une première fois une cible puis à frapper de nouveau peu après pour faire des victimes parmi les sauveteurs. Au moins un secouriste a été blessé, de même qu’un véhicule de pompiers Scania récemment fourni aux services d’incendie de la ville.

Par ailleurs, une infrastructure russe majeure liée au transport pétrolier près du détroit de Kertch, sur la mer d’Azov, a été bombardée dans la nuit par les forces ukrainiennes. Ce site, une station pétrolière proche de la péninsule de Crimée occupée, a pris feu. Au moins trois wagons-citernes ont été détruits, compromettant sans doute les approvisionnements en carburant destinés à la Crimée via cette voie ferroviaire.

Des informations non confirmées évoquent également une attaque contre la zone de ferries à Kavkaz, située proche du détroit de Kertch. Cette offensive ukrainienne pourrait viser à affaiblir la logistique russe et préparer une éventuelle action contre le pont de Kertch, symbole contesté et soumis à plusieurs attaques récentes, et dont le trafic lourd est déjà restreint.

Dans la matinée, plusieurs drones ukrainiens ont été observés pénétrant profondément en territoire russe, notamment au-dessus de la région du Tatarstan, où est implantée une usine fabriquant les fameux drones Shahed. Ces incursions démontrent un regain des capacités ukrainiennes à frapper au-delà de la ligne de front dans des zones stratégiques russes.

Les pertes russes sont à nouveau très lourdes, selon le dernier rapport du haut commandement ukrainien. Ce sont 1 390 soldats, 18 chars, 22 véhicules de transport blindés, 39 pièces d’artillerie lourde, 56 véhicules logistiques et 11 équipements spéciaux qui ont été neutralisés lors des derniers combats. Ces chiffres témoignent d’un échec russe alors que les forces ukrainiennes subissent des pertes nettement plus limitées.

La guerre continue de s’inscrire dans une dynamique où l’armée ukrainienne améliore progressivement son contrôle aérien et son efficacité sur le champ de bataille, en particulier face aux systèmes de défense aérienne russes. L’opération comprend également des actions ciblées contre les radars russes de long rayon opérant en Crimée, réduisant ainsi la capacité de détection avancée des forces russes.

Sur le plan diplomatique, le président ukrainien Volodymyr Zelensky était en visite officielle en Suède, où il a participé au troisième sommet Ukraine-Europe du Nord. Lors de ce rendez-vous, les priorités ont été fixées sur l’augmentation des systèmes de défense aérienne pour l’Ukraine, le développement de projets industriels communs et la fourniture continue d’armes aux forces ukrainiennes, tout en intensifiant la pression internationale sur la Russie pour imposer la paix.

Le sommet a rassemblé les dirigeants des pays nordiques, dont la Suède, la Finlande, le Danemark, la Norvège et l’Islande, qui ont adopté une déclaration commune sur le soutien et la reconstruction de l’Ukraine. Celle-ci s’appuie sur les accords conclus précédemment entre l’Ukraine et ces États, et réaffirme la perspective d’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne et l’OTAN. Le soutien total engagé par ces pays est estimé à environ 200 milliards de couronnes suédoises.

Au cours de cette visite, Zelensky a indiqué que l’accord signé avec la Suède, d’un montant de 75 milliards de couronnes, pourrait inclure la possibilité de la livraison d’avions de combat Saab Gripen, une revendication exprimée de longue date par Kiev.

Enfin, des nouvelles plus humaines ont émergé avec la libération de Maryana Tjetjeljuk, une jeune femme ukrainienne détenue pendant deux ans dans des camps de concentration russes. Son retour a été rendu possible dans le cadre d’un échange de prisonniers entre l’Ukraine et la Russie.

La situation reste volatile, mais les efforts ukrainiens pour renforcer leur défense, déstabiliser les capacités russes et obtenir un soutien international accru se poursuivent avec détermination.