Des troupes américaines et leurs familles basées en Corée du Sud ont reçu cette semaine une alerte d’attaque aérienne qui a pu évoquer un instant le début d’un conflit majeur.
Il s’agissait en réalité d’une menace beaucoup moins conventionnelle.
Cette alerte signalait que la Corée du Nord avait envoyé des centaines de ballons transportant des excréments humains et d’autres substances nauséabondes au-dessus du 38e parallèle.
Cette offensive insolite, qualifiée d’« attaque fécale », constituait vraisemblablement une riposte à une action de militants sud-coréens qui avaient fait s’envoler une vingtaine de ballons vers la Corée du Nord, portant des tracts anti-régime ainsi que des clés USB contenant de la musique et des clips pop sud-coréens.
Dans le cadre de cette « attaque aérienne » inhabituelle, le gouvernement sud-coréen a émis une alerte d’attaque aérienne aux alentours de 23h34 mardi soir. Un internaute sur un forum non officiel dédié à l’Armée de l’air américaine a relaté avoir reçu une alerte au ton alarmant.
« À l’entité nord-coréenne qui a lancé ces putains de tracts il y a 20 minutes au sud, déclenchant ces sirènes, arrêtez immédiatement. Faites-le en plein jour, pas après avoir couché mon enfant de 4 ans. Il a école demain et vous perturbez la rotation. Et ne tentez pas ça quand mon prochain enfant naîtra, sinon on se battra en dehors du McDonald’s le plus proche. »
Selon le sergent-chef Thomas Duval, porte-parole des Forces américaines en Corée (USFK), l’alerte envoyée aux téléphones mobiles des soldats américains ne nécessitait pas de se mettre à l’abri ni de prendre des mesures de protection particulières.
« Les commandants d’unité et leurs états-majors ont gardé une bonne connaissance de la situation et ont rassuré leurs soldats en précisant qu’il n’y avait pas de danger immédiat », a-t-il déclaré.
À ce jour, aucun des ballons nord-coréens n’a atterri sur une base militaire américaine. L’USFK a consulté les autorités sud-coréennes et le Commandement des Nations Unies, convergeant vers l’évaluation que ces ballons ne représentaient pas une menace directe pour les forces américaines stationnées sur la péninsule.
Le conflit entre la Corée du Nord et la Corée du Sud demeure techniquement en pause depuis la signature d’un armistice en juillet 1953, sans traité de paix formel. Les tensions montent parfois brusquement. Environ 28 500 soldats américains sont déployés en Corée du Sud pour appuyer le traité de défense mutuelle entre les deux pays.
Outre cette campagne de ballons chargés d’excréments, la Corée du Nord a récemment mené des tests de missiles balistiques, accentuant les inquiétudes régionales.
Au Pentagone, la porte-parole adjointe Sabrina Singh a indiqué jeudi que le département de la Défense suit la situation en permanence.
« Nous sommes bien sûr conscients du dernier tir de missile balistique nord-coréen et travaillons comme toujours avec nos partenaires, notamment la République de Corée et le Japon, ainsi que d’autres pays de la région », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.
« Nous continuons de condamner ces actions qui déstabilisent la région. Nous appelons la RPDC à cesser ces actes illicites. »
Interrogée sur la réaction des forces américaines si la Corée du Nord envoyait des ballons transportant des armes chimiques ou biologiques, Sabrina Singh a refusé de répondre à cette hypothèse.
Elle a cependant précisé que l’armée américaine n’avait aucun projet d’envoyer des ballons contenant des excréments américains vers la Corée du Nord.