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Un général de l’armée a décidé que ses soldats ne devraient plus être obligés de rester en permanence connectés à leur téléphone en dehors des heures de service pour répondre aux messages professionnels.

Le général de division David S. Doyle, commandant de la 4e division d’infanterie à Fort Carson, Colorado, a instauré une période de « repos numérique » durant laquelle les supérieurs ne peuvent adresser aux soldats des messages relatifs au travail, sauf en cas d’exigences opérationnelles urgentes, selon une note de service datée du 22 avril.

Cette interdiction des messages professionnels débute une heure après la fin de la journée de travail et se prolonge jusqu’à une heure avant le début de la journée suivante, précise le document. « Tous les efforts doivent être faits pour éviter d’envoyer des SMS ou messages à ceux qui ne sont pas en service entre 05h00 et 18h00, heure locale », indique la note. Cette règle ne s’applique pas aux communications personnelles, comme l’annonce d’un tournoi de basket ou la disponibilité de billets pour un match de football, ni aux messages ayant trait à la vie, la santé ou la sécurité.

Le général Doyle a également demandé à ses soldats de limiter l’usage des téléphones personnels durant les réunions officielles et les sessions d’entraînement unitaires, qu’il qualifie de « distractions inutiles, nuisibles à la concentration sur la mission ».

Il a prescrit que chaque unité désigne un endroit où les téléphones portables seront déposés durant les réunions.

« Éliminer les distractions aidera nos dirigeants à rester focalisés sur la mission, la formation et nos soldats », explique Doyle. Des exceptions à cette règle peuvent cependant être accordées ponctuellement par le membre de plus haut grade présent lors de la réunion.

Les manquements à cette politique peuvent entraîner des sanctions disciplinaires, allant du rappel à l’ordre à un entraînement correctif. Les récidivistes s’exposent à des poursuites sous l’Article 92 du Code de justice militaire pour refus d’obéir à un ordre ou règlement.

Le général a tenu à préciser que cette mesure ne constitue pas une interdiction totale des téléphones, ni une atteinte aux libertés personnelles des soldats. « L’usage excessif des téléphones crée un stress inutile chez les soldats et leurs familles », écrit-il. « Le changement est permanent, mais tout ne nécessite pas une communication immédiate par SMS, messageries ou applications. Le besoin impératif d’être connecté au téléphone pour des informations professionnelles maintient souvent soldats et cadres dans une tension inutile, craignant de manquer des informations importantes. »

Depuis sa prise de commandement en juin, le général Doyle a lancé un programme de développement du leadership axé sur la culture, l’innovation et la préparation au combat. Ce nouveau règlement répond aux remontées des soldats, qui réclamaient davantage de prévisibilité dans leurs horaires de travail et une meilleure gestion de la communication, précise le lieutenant-colonel Joey Payton, porte-parole de la 4e division d’infanterie.

En mars, Doyle et le command sergeant major Alex Kupratty ont organisé deux sommets pour discuter des préoccupations du personnel. Le premier a réuni une cinquantaine de soldats subalternes, tandis que 125 commandants de compagnies et premiers sergents ont participé au second.

Les deux groupes ont fait savoir qu’ils se sentaient incapables de se déconnecter du travail à cause du flot continu de messages reçus après les heures de service.

« Le général Doyle et le command sergeant major Kupratty considèrent que ce problème est révélateur de défis plus larges liés à la gestion de la formation », explique Payton. « En améliorant les pratiques de gestion des entraînements, les unités pourront optimiser leurs activités pendant la journée de travail et permettre à nos soldats, qui travaillent très dur, de profiter pleinement de leur temps libre. Cela contribuera à renforcer la préparation opérationnelle tout en prenant soin de nos personnels. »